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H-Coup de projecteur
Des livres à ne pas oublier

Un lycée dans la guerre. Le lycée Ronsard de Vendôme (1939-1945)

Le miroir de son temps


   À travers l'historique du lycée pendant ces quelques années, se retrouvent tous les temps forts de la vie d'une petite ville de province, parfois à l'avant-scène des évènements nationaux, le plus souvent obscure parcelle de leur décor de fond. 
   ♦ De la "drôle de guerre" ne percent que des chuchotements, mais on trouve tout de même le temps de soupçonner de complicité avec l'ennemi Ida Chevant, professeur d'allemand au lycée — dont on apprendra des années plus tard qu'elle fut une authentique et courageuse résistante. C'est le temps où les murs ont des oreilles et où la malveillance a des langues qui se délient.

   ♦ En mai 1940, se déclenche la grande offensive allemande. Le flot des réfugiés de l'exode déferle vers la Loire et la tragédie s'abat sur Vendôme à la mi-juin : quelques bombes, un incendie qui fait rage et détruit tout un quartier de la vieille ville, près de 100 morts, des centaines de blessés, plus de 200 maisons détruites. La ville est gravement sinistrée ; beaucoup de lycéens sont sur les routes de l'exode, certains ont vu derrière eux les fumées de l'incendie, d'autres se sont terrés dans les caves. Tous sont marqués par le spectacle de leur ville martyrisée... Et occupée par les troupes allemandes dès le 18 juin.







   Triste retour d'exode au milieu des décombres

   ♦ L'Occupation plonge le Vendômois dans un hiver qui ne prendra fin qu'à l'été de 1944. La politique de collaboration, scellée par la poignée de main de Montoire en octobre 1940, ne recueille l'assentiment que d'une faible minorité de la population. La majorité tente de faire face aux multiples problèmes du quotidien, en espérant des jours meilleurs... Les lycéens partagent les locaux avec l'occupant, voient leurs lieux de cours éclatés en divers points de la ville. Ils organisent des fêtes pour envoyer des colis aux prisonniers, fredonnent des variantes frondeuses de Maréchal nous voilà : Général nous voilà, tu nous a redonné l'espérance...


 
Le local du Secours national, à Vendôme


   ♦ Dans les ténèbres, une petite lueur apparaît, vacillante d'abord car elle n'est alimentée que par une poignée de volontés courageuses : la Résistance. La lueur, devenue flamme, est soumise à des bourrasques dont certaines ont menacé de l'éteindre pendant l'automne 1943 et l'hiver 1944 : des vagues d'arrestations envoient des enseignants du lycée et d'écoles de Vendôme vers les camps de la mort ; d'autres résistants sont contraints à une fuite précipitée.


  Le "Jour le plus long", vu par l'élève Philippe Verrier
   
   ♦ La Libération — les 11-12 août 1944 pour Vendôme — est précédée par de nouveaux bombardements, spectaculaires mais heureusement moins meurtriers que ceux de 40. Des combats opposent les FFI locaux — parmi lesquels des lycéens — aux troupes allemandes battant en retraite ; plusieurs morts et blessés sont à déplorer. L'arrivée des chars américains confirme le retour à la liberté.