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H-Coup de projecteur
Des livres à ne pas oublier

Un lycée dans la guerre. Le lycée Ronsard de Vendôme (19139-1945)

Figures de la Résistance

   ♦ Certains professeurs enseignaient à Vendôme, lorsque commença la guerre. Leur action dans la Résistance se développa surtout en d'autres régions.
   Jean GOSSET est le plus connu. Ancien élève de l'ENS de la rue d'Ulm, collaborateur actif du mouvement Esprit avant la guerre, il succéda à Jean Cavaillès à la tête du réseau de résistance "Cohors-Asturies", en août 1943. Arrêté en avril 1944, il fut déporté à Neuengamme où il mourut en décembre 1944.

   Jean Gosset et son épouse Denise, à Vendôme

   Le lycée Ronsard a donné son nom à la salle polyvalente de l'établissement, où le livre fut officiellement lancé en 2004.

         Danièle Rioul, fille de Jean Gosset, et Lucie Aubrac
         inaugurent la salle Jean Gosset au lycée Ronsard
   
   Jean WARIN était professeur de lettres classiques au lycée en 1939. Ses ennuis commencèrent dès l'été 1941 : ayant refusé de participer aux rondes prescrites par les autorités allemandes, il fut arrêté, condamné à trois mois d'emprisonnement à Blois. Par la suite, professeur au lycée Michelet, il s'engagea résolument dans l'action clandestine. Arrêté une nouvelle fois mais relâché faute de preuves, il fut appréhendé par la Gestapo, puis déporté. Lui aussi mourut à Neuengamme.
   Son nom a été donné à une salle du lycée Michelet. 


  De droite à gauche, François Warin, fils de Jean Warin,
  et les auteurs, Jean-Claude Pasquier et Jean-Jacques Loisel
  lors du lancement du livre, dans la salle Jean Gosset
   [...] c'était bien sûr de la folie, en 1940, que de s'insurger contre la formidable machine de guerre nazie. À quoi cela servait-il de saboter des usines d'armement, d'assassiner des officiers allemands ? À chaque fois les représailles étaient terribles, pour un militaire allemand assassiné c'étaient des dizaines d'otages qui tombaient sous les balles nazies. Les résistants étaient une extrême minorité et leur rébellion était alors manifestement, pour l'immense majorité des Français, sans espoir et sans avenir visible. Et pourtant c'étaient eux, les minoritaires, les rebelles au cœur sans tremblement, c'étaient eux qui ne rêvaient pas et qui étaient du côté du réel. Ce qu'ils faisaient était de la folie et pourtant il n'y avait pas autre chose à faire et c'est l'histoire elle-même qui allait leur donner raison  [...].
[extrait de l'intervention de François Warin]
   
   ♦ D'autres résistants menèrent leur action en Vendômois, y furent arrêtés puis déportés vers les camps de la mort.
   Jean ÉMOND était professeur d'histoire-géographie au lycée, militant socialiste ; éditorialiste dans Le Progrès de Loir-et-Cher, il n'était pas qu'une fine plume et avait un joli coup de crayon . Il anima le réseau de Libération-Nord dans la contrée jusqu'à son arrestation, en novembre 1943. Déporté à Buchenwald, ainsi que son père, tous deux y moururent à quelques mois d'intervalle.



    Jean  Émond a donné son nom à un des deux collèges de Vendôme. 
   Déportée à Bergen-Belsen, son épouse, le Dr France Émond fut une des rescapées du camp.

  Le Dr France Émond et le général de Gaulle, à Blois
   Yvonne CHOLLET et son mari étaient instituteurs à Vendôme et leur fils Jean élève au lycée Ronsard. Elle chantait admirablement, ses élèves étaient sous le charme. Mais elle s'était impliquée dans la Résistance, à l'insu de sa famille. Elle fut arrêtée en mai 1943 : elle chantait encore à la prison de Blois... Transférée à Compiègne, elle anima une chorale... Déportée à Ravensbrück : le 22 février 1945, elle y interprétait le "Chant du Départ" de Méhul ; le lendemain, ce fut le départ définitif...


  Fragment de papier jeté par Yvonne Chollet depuis le train 
  qui l'emmenait de Compiègne vers l'Allemagne et Ravensbrück



   D'autres sont morts, fusillés, comme René Darreau, Bernard Hamet, ou déportés, qui n'avaient pas de lien avec le lycée. De même pour les FFI victimes des combats de la Libération.
   ♦ Il y eut aussi, et fort heureusement, des résistants qui survécurent au conflit. Robert GIROND, ancien élève du lycée et instituteur, fut un précieux agent de liaison entre les diverses composantes de la Résistance vendômoise.

   Paul DUJARDIN participa au premier groupe de résistance organisé à Vendôme. L'"affaire des aviateurs américains", en février 1944, le contraignit à fuir la ville et il poursuivit son action clandestine en région parisienne jusqu'à la Libération.


   Il est bien évident que, pour chaque rubrique, plus de deux noms mériteraient d'être cités. D'où l'utilité d'un livre de 344 pages qui permet de mieux restituer à chacun la place qui lui revient.