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La comédie humaine vendômoise au temps de Balzac
Jean-Jacques LOISEL

Bonne page 2

  

Impressions premières

   Vendôme, le 22 juin 1807 : un enfant, Honoré Balzac, entra dans la petite ville - en tout cas pour lui qui venait de Tours - sans doute accompagné de ses parents. Imaginons que leur avance ait autorisé une petite promenade en ville, avant l'entretien avec M. Mareschal, directeur du collège.

   À l'arrivée, après avoir traversé le populeux faubourg Saint-Lubin, ils avaient franchi un premier bras du Loir, l'oeil rivé sur la porte Saint-Georges qui marquait l'entrée dans la cité proprement dite, dont elle était aussi l'hôtel de ville. D'ici peu, sa voûte serait élargie pour faciliter le passage des troupes et de l'artillerie en route vers l'Espagne. Abandonnant la rue Poterie, ils s'étaient faufilés dans le dédale de petites voies et de places qui s'enchaînaient au coeur de la vieille ville : rue Saulnerie, marché aux légumes, au bord desquels s'enchevêtraient des constructions accumulées par les siècles, du Moyen Âge aux époques les plus récentes ; la maison à pans de bois et aux étages en encorbellement voisinait avec la façade ornée de fenêtres à meneaux et d'une élégante tourelle d'un logis Renaissance ; un peu plus loin, des pilastres cannelés et de larges baies annonçaient une maison bourgeoise du XVIIIe siècle.

   En empruntant la rue Guesnault, Honoré remarqua des demeures d'allure noble et austère, abritant leurs secrets derrière de hauts murs et un porche monumental : c'était la "Grande Bretèche" et il n'en savait rien encore ; elle appartenait alors à la famille Josse, qui donna un maire à Vendôme et un député au Vendômois ; leur fortune était liée à la possession de la manufacture de Meslay... Meslay et son château... Mme de Merret et son château...

   Un peu plus loin sur la gauche, s'ouvrait le quasi-rectangle de la place d'Armes, haut lieu des grandes manifestations politiques, patriotiques, militaires. Au sud, l'horizon était barré par la "Montagne" à laquelle s'accrochaient les restes imposants du château des comtes et ducs de Vendôme. Vendu au bénéfice de la nation, il souffrait de sa nouvelle vocation de réserve de pierre à bâtir : perdant bloc après bloc sa splendeur d'antan, il attendait, telle la Belle au bois dormant, un prince charmant qui, heureusement, ne tarderait pas trop [...].


Prix de vente public : 25,00 € TTC