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Balades avec Edmond Rocher
Liliane BONIN

Bonne page 1



 

 
  La cueillette des noisettes sur le Tertre de Vendôme 

   Oh ! La radieuse escalade !
   - « D’ousque tu viens, me le diras-tu, gars de malheur ? », fait ma tante avec colère.

   - Je viens d’qu’ri des noisettes pour Annette ma tante.

   - Pour Annette, sagouin, dis plutôt pour ta gueule animal !… Ah ! Annette a bon dos. Et quand bien même ce serait. Ton oncle ne t’a-t-il pas défendu de grimper là haut ? Tiens ! » 

   Et voilà le « sion » qui s’abat en sifflant sur mes fesses et sur mes mollets :

   Au bord du plateau, mon premier regard est pour Vendôme. Je contemple, oppressé, le beau panorama…

   Autour de moi, c’est un concert indicible de chants d’oiseaux et de bourdonnements et… J’oublie pourquoi je suis là… Les noisettes… Annette… J’oublie les sévérités de ma tante acariâtre… Sa défense d’affronter la Garenne et je contemple sans remords.

   C’est ici que mon rêve me voit vivre…

   … Vite, Léo, cueillons les noisettes… Mon sarrau est plein, mes poches en sont gonflées, Annette sera contente.

   À mi-chemin de la descente, je m’engage sur les dernières marches, timidement, avec l’appréhension du châtiment.

   Aïe, aïe ! Hou, la, la ! Mais je file et je suis plus leste, Dieu merci, que la mégère. Annette m’a vendu. Sa trahison me rend malheureux jusqu’aux pleurs […].

 

 Retour

 J’étais l’enfant vieilli qui revient au village.

La grande houle d’or des moissons rutilait.

Les bois, comme jadis, balançaient leur feuillage.

Et le Loir solitaire, impassible, coulait

Entre ces longs roseaux penchés sur leurs reflets.

Mon enfance joyeuse attendait ma venue,

Royale, en robe rose, et son hymnaire au bras

En ce matin d’été l’azur était sans nue

Et les fleurs d’autrefois fleurissaient sous nos pas.

Nos premiers souvenirs surgissaient des fontaines,

Des chemins familiers, des bois et des ravins,

Et nous suivaient, coiffés de vaine marjolaine,

Coiffés de vains bleuets et de liserons vains.

Et c’était enivrant ce long pèlerinage

Avec l’enfance et son cortège merveilleux,

Parmi les bois touffus pleins de parfums sauvages,

Par les foins odorants et les vertes allées

Où les trembles saisis de longs frémissements

Racontaient à mon cœur des choses désolées.

Passant sous les arceaux légers des saules blancs

Et sous l’œil violet des iris immobiles,

Les ruisseaux transparents balbutiaient gaiement

Et j’avais oublié les splendeurs de la ville.

[À l’Ombre de Ronsard]

 

 

 


Prix de vente public : 18,00 € TTC