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Un lycée dans la guerre
Jean-Jacques LOISEL et Jean-Claude PASQUIER

Ce qu'ils en pensent

   Extrait de la préface de M. Gérald ANTOINE, membre de l’Institut :

   Paix soit à l’âme céleste et tourmentée du grand Balzac ! Laissons maintenant un peu de place à un autre témoin, plus proche de nous et d’une stature plus commune. Il fut mon élève en Seconde, au cours de l’année 1943. Il se nommait Duranthon – Kiki pour ses proches. Sa soif de bavardage était sans frein, son goût du farniente sans bornes. Je ne lui adressais guère la parole, sauf pour le prier de se taire… Jusqu’au jour où (rude épreuve en ce temps-là pour un professeur novice) un Inspecteur général, accompagné du Proviseur, surgit dans la classe. On y faisait ce matin-là du latin. J’avais l’habitude de préluder à « l’explication de texte » par quelques questions orales de grammaire. Comme de juste, je pose l’une à la préférée de mes ouailles – laquelle reste sans voix. Je me hâte vers un brillant second. Il lâche une bévue. À ce moment se lève la main du fringant Duranthon. Résigné au pire, je cède à son appel et c’est alors qu’intervient un miracle : la réponse tombe de ses lèvres, pertinente, claire, assurée. Chacun reprend ses esprits, et la suite de l’heure s’écoule dans un climat d’heureuse connivence à laquelle l’inquisiteur tant redouté finit par se laisser prendre.

   À compter de cette date, le professeur, lui aussi, changea. Il se prit à songer que les têtes scolairement bien faites pouvaient manquer d’armes plus utiles à manier face à la vie. Du même coup il s’avisa que les réfractaires à la contrainte pédagogique pouvaient être impatients de découvrir un univers plus libre. Au fond de lui-même, il aima ceux qu’il appelait, comme la plupart d’entre nous, « les cancres » (…)


Prix de vente public : 25,00 € TTC