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Un lycée dans la guerre
Jean-Jacques LOISEL et Jean-Claude PASQUIER

Bonne page 2

   À l’automne 1943 :

   Le passé militant de Jean Émond le pointait donc immédiatement comme suspect : Aussi, dès la fin de 1940, la police française avait-elle l’œil sur lui. Elle à même failli l’arrêter, quelque six mois avant que la police allemande ne se charge de la besogne.

   À l’automne 1943, la tension se faisait de plus en plus vive en Loir-et-Cher, entre l’occupant et une partie de la population qui marquait de plus en plus ouvertement son opposition. Le refus du STO faisait des progrès spectaculaires, à tel point que le département fut cité en exemple par Radio Londres : 2 000 inscrits, 64 départs !

   La CGT fit sortir, pour novembre 1943, le premier numéro de son journal clandestin, Les syndicats et la libération. Le mot d’ordre était clair : L’heure du combat pour la libération a sonné. N’abordons pas ce combat en ordre dispersé. Privés de tous nos droits politiques, utilisons, pour la retourner contre l’ennemi, l’arme qu’il nous a laissés croyant l’avoir rendue inefficace.

   Reconstituons nos syndicats. Suivait un appel à une grève patriotique : En ce 11 novembre 1943, nous marquerons par un débrayage d’un quart d’heure notre volonté de nous associer étroitement dans un puissant Front National à l’effort des organisations de résistance. Le mouvement fut bien suivi dans certaines entreprises et, par exemple, les ouvriers de la Fonderie de Vendôme dépassèrent même la consigne en observant un débrayage d’une heure, au grand dam de la direction.

   Aux manifestations syndicales s’ajoutaient des actions symboliques qui mettaient le comble à l’irritation des autorités allemandes ; 10 novembre 1943. La nuit est sombre. Il fait froid. Deux silhouettes arrivent au cimetière, gagnent le mur nord (il n’y avait alors que la plaine des Rottes). Tandis que l’un fait le guet, l’autre escalade le mur, juste derrière le caveau provisoire. Elle en retire deux morceaux de bois, les croise, pose des vis dans les trous préalablement pratiqués à cet effet et se dirige vers une tombe.

   Dans la terre fraîchement remuée, elle pose la croix sur laquelle les Vendômois liront le lendemain matin : « mort pour la France », inscription peinte sur fond des trois couleurs.

   Les deux ombres regagnent leurs domiciles sans avoir rencontré âme qui vive.

   La croix avait été fabriquée par M. Roussineau, qui sera arrêté plus tard pour une autre raison et mourra en déportation. Elle avait été peinte par M. Hubert. Les deux ombres étaient Louis Gaspard et Paul Dujardin. La tombe était celle de Bernard Hamet. Bernard Hamet, tombé sous les balles allemandes en distribuant des tracts, le 16 septembre.

   Le climat était donc très lourd lorsque, le 28 novembre 1943 vers midi, la Feldgendarmerie fit irruption dans le café-tabac tenu par Gabriel Appert et son épouse Suzanne, dans la rue du Change (…)

 


Prix de vente public : 25,00 € TTC