De par les prés mignards et frétillards Pierre de RONSARD |
Bonne page Maîtresse, embrasse-moi
Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi,
Haleine contre haleine, échauffe moi la vie,
Mille et mille baisers donne-moi, je te prie :
Amour veut tout sans nombre, amour n’a point de loi.
Baise et rebaise-moi ; belle bouche, pourquoi
Te gardes-tu là-bas, quand tu seras blêmie,
A baiser de Pluton ou la femme ou l’amie,
N’ayant plus ni couleur, ni rien semblable à toi ?
En vivant presse-moi de tes lèvres de roses ;
Bégaye, en me baisant, à lèvres demi-closes,
Mille mots tronçonnés, mourant entre mes bras.
Je mourrai dans les tiens, puis, toi ressuscitée,
Je ressusciterai ; allons ainsi là-bas
Le jour, tant soit-il court, vaut mieux que la nuitée.

Boivons...
Boivons, le jour n'est si long que le doigt :
Je perds, ami, mes soucis quand je bois.
Donne-moi vite un jambon sous ta treille,
Et la bouteille,
Grosse à merveille
Glougloute auprès de moi :
Avec la tasse et la rose vermeille
II faut chasser émoi.

Prix de vente public : 20,00 € TTC
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