Le livre, la culture, l'histoire
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Ils vivaient en vendômois
Gérard FERRAND

Bonne page 2

   Apprendre à labourer

   Un matin du mois de mai 1913, Alexandre appelle Albert : Tu as maintenant plus de 14 ans, tu es en âge de savoir labourer. Prenant les mancherons d'une charrue de bois munie d'un avant-train, il conduit les chevaux dans un champ proche, lieu de la première séance de labour. Albert se rappelle encore très bien cette initiation, non loin de la ferme, près de la mare : Regarde bien. Pour régler la profondeur du labour, il suffit de changer la jauge percée dans la perche en bois.

   Ce geste permet au soc de s'enfoncer plus ou moins en terre. Suivant la nature du terrain, le modèle de charrue diffère : dans les terres douces, il vaut mieux utiliser une Dombasle ; dans les caillouteuses, la Maupent ; dans les racines, la Villechauve. Les charrues sont toutes munies de "mancins" ou mancherons, que le laboureur doit maintenir solidement pour faire un bon labour. Depuis 1910 se répandent les brabants, charrues doubles en acier, à avant-train. Elles seules restent en équilibre pendant la marche et permettent d'obtenir un labour continu, un sillon large et profond, avec deux ou trois chevaux.

   Dans le champ, Alexandre prend ses dispositions pour le début des opérations. Ayant piqué la charrue à l'endroit prévu, il fait un premier sillon, ou "riage". Ensuite, il contourne. Il invite alors son fils à continuer le travail. C'est difficile au début. Adolescent, Albert trouve les "mancins" un peu hauts. Son père marche à ses côtés. Il commence en s'efforçant tant bien que mal de maintenir la charrue, guidant le soc en terre pour obtenir un sillon régulier, de 20 à 25 cm de large. Alexandre pense : Tout de même, il ne se débrouille pas si mal, le fiston (...).

   [Extrait de La vie d'Albert Martin, qui constitue la deuxième partie du livre Ils vivaient en Vendômois]

   Albert Martin (1899-1993) a raconté sa vie de fils de paysan et d'agriculteur dans le village de Saint-Martin-des-Bois (canton de Montoire-sur-le-Loir). Il a connu et pratiqué les méthodes de culture traditionnelles, mais constamment cherché à s'adapter aux nouvelles techniques (motorisation, électricité, brabant double, premier tracteur). Il fut maire de sa commune pendant une dizaine d'années.