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Quand je suis vingt ou trente mois / Sans retourner en Vendômois
Jacques-Henri ROUSSEAU et Jean-Jacques LOISEL

Bonne page

• Le premier voyage à Paris

Durant son enfance au manoir de la Possonnière à Couture-sur-le-Loir, Pierre de Ronsard jouissait d’une grande liberté de mouvement. Son père était le plus souvent absent du logis familial, en particulier pendant les quatre années que dura la captivité des deux enfants royaux en Espagne.

Jeanne, la mère du poète, si elle inculqua fermement à son cadet les principes, l’idéal aristocratique et chevaleresque du lignage, si elle sut, avec l’aide d’un précepteur, l’initier à la lecture et l’inciter à découvrir les trésors que contenait la librairie familiale, ne le laissa pas moins disposer de longs moments pour errer à sa guise dans la campagne vendômoise. Ainsi, s’éveilla très tôt sa sensibilité poétique.

En 1533, Loys jugea pourtant que son fils avait besoin de s’instruire plus méthodiquement, de se discipliner et de côtoyer d’autres enfants que les petits paysans de son village. Aussi, Pierre fut-il conduit au collège de Navarre qui se trouvait sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris. Ronsard contera son aventure :

« Sitôt que j’eus neuf ans, au collège on me mène.

Je mis tant seulement un demi-an à peine

D’apprendre les leçons du régent de Vailly. »

• Ronsard ami de Vénus

Ce sont incontestablement les poèmes amoureux qui ont assuré la gloire de Pierre de Ronsard. Était-ce l’amour des femmes qui gouvernait son art ? Était-ce celui des grandes figures mythiques : Cassandre, Hélène ? N’était-ce pas plutôt une intarissable passion pour le jeu amoureux dans lequel la beauté du langage joue un rôle primordial ?

Si Ronsard se complut à peindre tous les sentiments qui l’animèrent au cours de ses aventures, la sincérité du poète n’est certes pas à chercher dans ses serments d’amour ni même dans la véracité de confidences ou d’aveux contradictoires. Le « voyage » amoureux de Ronsard fut essentiellement une quête esthétique par l’évocation subtile de l’odyssée du poète en route pour Cythère.

• Mon Loir tant aimé…

Et, ma foi, les Vendômois sont, comme gens de toutes régions, persuadés que la leur est la plus belle :

« Source d’argent toute pleine,

Dont le beau cours éternel

Fuit pour enrichir la plaine

De mon pays paternel,

Sois hardiment brave et fière

De le baigner de ton eau :

Nulle française rivière

N’en peut laver un plus beau. »

Terre vendômoise, heureusement parrainée ! Tandis que le Loir lui apporte la prospérité, je lui gagne la renommée :

« Loir dont le cours heureux distille,

Au sein d’un pays si fertile ;

Fais bruire mon renom

D’un grand son en tes rives,

Qui se doivent voir vives

Par l’honneur de mon nom. »