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Les peintures murales romanes
de la vallée du Loir
Christian DAVY, Vincent JUHEL, Gilbert PAOLETTI

Bonne page

   Extrait du chapitre « La peinture romane de la vallée du Loir : une production originale ? ».

   Au sein de la production picturale romane de la vallée du Loir, qui apparaît d’une qualité artistique et intellectuelle tout à fait satisfaisante, le décor peint du cloître de la Trinité de Vendôme se trouve isolé tant dans son époque de réalisation que dans la connaissance de certaines conditions de sa conception, mais aussi dans la qualité incontestablement supérieure due à la volonté d’hommes, comme l’abbé Geoffroy, participant activement aux débats politique, intellectuel ou théologique de leur époque et disposant également de moyens financiers suffisants pour se doter des meilleurs artistes.Areines
   De ce fait, les fragments vendômois se voient attribuer un rôle particulier dans la connaissance de la peinture romane occidentale. Les peintures de Vendôme ont été réalisées sans doute à la fin du XIe siècle, époque où l’art de l’architecture atteignait la maturité. C’est également l’époque d’une floraison de grands décors peints dont, dans l’ouest de la France, les noms prestigieux côtoient d’autres moins connus (Saint-Savin-sur-Gartempe et le groupe de Poitiers, Tours, Saint-Jean-Baptiste de Château-Gontier…). Le rapprochement stylistique des peintures de Vendôme avec celles de Saint-Savin (…) montre plusieurs facettes d’un courant particulièrement prisé alors, celui-ci permettant de passer insensiblement de Vendôme à Saint-Savin et de là à Château-Gontier par exemple, sans que l’on puisse ensuite établir de véritable lien entre ces extrêmes (…) Devant cette unité diverse, il semble alors difficile de tenir pour l’hypothèse de reconnaître Tours comme un centre de production rayonnant suffisamment pour favoriser la création picturale dans d’autres foyers voisins. Si la prééminence des « scriptoria » tourangeaux était incontestable dans l’Ouest à l’époque carolingienne, il semblerait plutôt que dans la seconde moitié du XIe siècle cela soit la pluralité des foyers remarquables, réunis dans une même conception artistique (dans un héritage commun ?), qui serait le ressort d’une production picturale romane dans la France occidentale.