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Vivre dans le donjon au Moyen Âge
COLLECTIF

Bonne page 2

Françoise PIPONNIER, "Le donjon comme habitation" [extrait]

   Reflet des puissantes forteresses royales ou comtales, les tours aux prétentions de donjon se sont multipliées au cours du Moyen Âge. Toutefois, les seigneuries plus modestes de leurs promoteurs et, partant, leurs moyens financiers mis en oeuvre ont limité les dimensions et le potentiel militaire de ces édifices. Inadaptés aux techniques guerrières développées dès la fin du Moyen Âge, aussi difficiles à transformer en résidence qu'à remettre en défense pour résister à l'artillerie, ils sont souvent mal conservés. Grand ou petit, le donjon restait un symbole de puissance, aussi a-t-il été la partie du château démolie en priorité lorsque les rois de France entreprirent, au XVIe et au XVIIe siècle, de démanteler les forteresses de leurs vassaux félons ou des ennemis du pouvoir royal. Les vestiges étudiables en élévation ne représentent qu'une faible proportion des donjons ayant existé, grands et, plus encore, petits. Or, pour déterminer les fonctions des espaces intérieurs dans des édifices qui se développent sur plusieurs étages, les indices architecturaux sont de première importance. Pour une juste évaluation de la qualité militaire du donjon, la nature des superstructures (crénelages, hourds), mais aussi la hauteur de l'édifice sont des données indispensables, au même titre que les ouvertures de tir ou de jet ménagées à divers niveaux (archères, meurtrières, mâchicoulis, assommoirs). La disposition de l'accès au donjon, généralement renvoyée au niveau du premier étage, contribue à sa valeur défensive et, plus encore, si elle est située au deuxième étage. Symétriquement, une telle localisation peut être considérée comme négative du point de vue de l'habitabilité, tout comme l'absence d'ouvertures autres que des fentes de tir.

   Pour qu'un donjon puisse être considéré comme une résidence susceptible d'héberger une famille seigneuriale et sa mesnie, encore faut-il qu'il réponde à un certain nombre de critères, que seul un édifice bien conservé est susceptible de livrer. L'excellent article de Jean-Olivier Guilhot fournit les bases d'une telle étude. Fondées sur les résultats de relevés systématiques, d'analyses architecturales, de recherches d'archives complétées par des datations dendrochronologiques portant sur un corpus de treize donjons, elles sont synthétisées sous forme de dessins et graphiques particulièrement éclairants. Avec les surfaces relevées en Lyonnais, nous sommes loin des valeurs relatives aux grands donjons princiers. Les surfaces moyennes par étage varient de 10 à 24 mètres carrés - avec une moyenne de 23 mètres carrés - multipliées par le nombre d'étages, de 4 à 6, on obtient des surfaces totales habitables de 52, 2 à 235 mètres carrés. Plus précieuses encore pour interpréter les modes d'occupation des espaces, se révèlent la position des pièces voûtées - parfois superposées - et celle des accès. Ici, le plus souvent au premier étage, mais parfois au deuxième étage (...)

 


Prix de vente public : 23,00 € TTC