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Pour le bien de tous
De la Société de Secours Mutuels du Vendômois entre les ouvriers à La Vendômoise
André VIGNAU

Bonne page

Charles Chautard

Le corbillard était presque arrivé au cimetière que la queue du cortège piétinait encore devant l'église de la Trinité. Les cordons du poêle recouvrant le cercueil où gisait Charles Chautard étaient tenus par Lemasu qui représentait la Fabrique de la Trinité, par le président du Tribunal, Isard, par le notaire Peltereau et par le maire, de Trémault, le fils du fondateur de la Société de Secours Mutuels du Vendômois.

- Ce n'est pas un homme qu'on enterre, avait fait remarquer quelqu'un dans la foule, c'est toute une époque.

La figure de Chautard avait dominé toute la vie vendômoise depuis quelque quarante ans. Longtemps membre du conseil municipal avant de devenir maire en 1871, il avait démissionné quelques mois plus tard, lorsque, à la chute de Thiers, il avait cru la République en péril. Membre du bureau de la Société archéologique, il s'était souvent fait remarquer par la qualité de ses interventions et surtout de ses travaux littéraires. Sa traduction en vers français d'Horace trônait en bonne place dans toutes les bibliothèques. Mais il était aussi au conseil de l'Hospice, à celui de la Fabrique de la Trinité, au bureau de Bienfaisance, au comité de la Bibliothèque, à celui des Anciens élèves du collège. Et surtout à La Vendômoise qu'il avait toujours accompagnée, animée et enfin présidée.

Si, à la naissance de la Société de Secours en 49, c'est à de Trémault, alors maire de Vendôme, qu'avait échu la présidence, c'est à Chautard qu'avait été dévolue la charge de vice-président. Il l'était resté jusqu'en 1861, date à laquelle, on était sous l'Empire, il avait enfin été nommé président. Ce qui n'avait pas manqué de surprendre car nul n'ignorait que, fervent républicain, il animait un cénacle qui ne se privait pas de dauber l'empereur. L'Empire effondré, les adhérents l'avaient reconduit à son poste en votant pour lui à l'unanimité puis constamment réélu jusqu'à sa mort en octobre 1884.

Aussi n'était-ce point étonnant de voir un tel concours de population à ses funérailles. Du préfet à l'ouvrier tanneur, des anciens du Lycée aux soeurs de l'Hospice, de l'Evêque au plus humble des fidèles, car Chautard était aussi animé d'un très vif sentiment religieux, tous avaient tenu à l'accompagner à sa dernière demeure (...)


Prix de vente public : 9,00 € TTC