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Sur la Route des Muses et des Géants
Collectif

Sur la Route des Muses et des Géants

RACAN : La Roche-Racan ou la demeure du poète [extrait du texte de Pierre ROBERT]

   Surtout, dès qu'il mettait le pied dehors, ou même derrière une fenêtre du château, il avait sous les yeux ce paysage complice de ses sentiments quels qu'ils fussent :

          Vallons, fleuves, rochers, plaisante solitude,

       Si vous fûtes témoins de mon inquiétude,

       Soyez-le désormais de mon contentement.

   Poète en son château, rêvant devant la paisible nature d'alentour, Racan était aussi un seigneur attentif à ses intérêts et à faire respecter ses privilèges. Par exemple, dès 1625, un litige surgit à propos de ses droits sur le presbytère de Saint-Paterne et ses dépendances, jardin, pré et vigne. La contes-tation l'opposait au sieur de Chantemesle, par ailleurs son ami ; quatre arbîtres furent désignés et finalement la vigne revint à M. de Chantemesle, Racan gardant la seigneurie du presbytère et autres biens (...)

   Pour salutaire et apaisant qu'il fût, le séjour de la Roche-Racan n'effaçait pas la peine provoquée par de cruels deuils, comme la disparition, en 1652, de son fils Honorat, alors page de la reine et âgé d'environ seize ans :

     Ce fils dont les attraits d'une aimable jeunesse

   Rendaient de mes vieux jours tous les désirs contents ;

   Ce fils qui fut l'appui de ma faible vieillesse,

   A vu tomber sans fruit la fleur de son printemps.

 

   Trois mois d'une langueur qui n'eut jamais de cesse,

   L'ont fait dans ce tombeau descendre avant le temps,

   Lors que, sous les couleurs d'une grande princesse,

   Son âge avait à peine atteint deux fois huit ans.

 

   Tout le siècle jugeait, qu'en sa vertu naissante

   La tige de Bueil, jadis si florissante,

   Voulait sur son déclin faire un dernier effort.

 

   Son esprit fut brillant, son âme généreuse,

   Et jamais sa maison illustre et malheureuse

   N'en a reçu d'ennui que celui de sa mort.

   Si, dans sa jeunesse, Racan avait rêvé du trépas glorieux sur un champ de bataille qui le rendrait digne de son lignage guerrier, le temps de la sagesse venu, il privilégiait la stabilité du lieu où la vie et la mort s'enchaînaient depuis des générations et il ne voyait point

       De plus illustre mort ni plus digne d'envie

     Que de mourir au lit où ses pères sont morts.     
[...]

La Clarté-Dieu


Prix de vente public : 29,00 € TTC