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Peintures murales
Quel avenir pour la conservation et la recherche?
Collectif

Bonne page 3

Marc BOTLAN : Pour une politique régionale de conservation et de valorisation des peintures murales : le cas de la région Centre [extrait].

La peinture absente - Le cas de la Maison Picassiette

   La "peinture absente", on la rencontre aussi là où le temps a fait des ravages sans pour autant que l'homme y ait prêté la main. Le cas de la Maison Picassiette est intéressant parce qu'il permet d'illustrer ce qu'est, dans certains cas limites de ce genre, la tentation de la reconstitution. Chacun connaît ou a entendu parler de ce chef-d'oeuvre de l'Art brut construit à Chartres entre 1930 et 1960 par Raymond Isidore, chauffeur sur tramway à vapeur, puis marchand de légumes ambulant, puis cantonnier hors classe et enfin ouvrier d'entretien au cimetière tout proche. Sa maison et son jardin sont classés parmi les monuments historiques depuis 1982.

   De même que Ferdinand Cheval ramassait les cailloux de la Galaure lors de ses tournées de facteur, Isidore, lui, transformait sa fascination pour les fragments de porcelaine, de faïence et de verre, en un univers de couleurs. Et c'est bien là, entre autres, que réside son génie : celui d'un coloriste inspiré par l'esprit qui me dictait ce que je devais faire pour embellir la vie.

   Ce qui est connu chez Picassiette, c'est l'emploi qu'il faisait de tessons et débris divers, ce sont les mosaïques qu'il créait à partir de ces matériaux, du sol au plafond en passant par les meubles de la chambre à coucher et le poste de T.S.F. Ce qui l'est moins, c'est son emploi de la peinture, tant dans la maison même qu'à l'extérieur, sur les ornements du jardin et les murs de clôture. On a, à l'occasion de l'étude préalable réalisée en 2000, redécouvert que la toiture en tuiles de la maison avait été peinte en bleu et reconstitué grosso modo trois phases dans la création des décors de la maison :

   - de 1930 à la Guerre : les peintures intérieures de la maison

   - de la Guerre à 1958 : les décors mosaïqués extérieurs

   - entre 1958 et 1960 : les peintures sans mosaïques.

   L'étude préalable a été circonscrite à une partie seulement de la maison et de son avant-cour, où sont réunies toutes les pathologies les plus importantes constatées sur l'ensemble du monument : espaces ouverts et fermés, sols ornés, parois moulées, incrustées et/ou peintes. Le but de l'étude était de définir quelques grands principes de conservation et de restauration. Chacun constatait en effet que les travaux d'entretien réalisés année après année risquaient de conduire à une transformation insidieuse, car non véritablement contrôlée, de l'oeuvre d'Isidore (...).


Prix de vente public : 50,00 € TTC