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Peintures murales
Quel avenir pour la conservation et la recherche?
Collectif

Bonne page 5

Anna BERGMANS et Walter SCHUDEL : La peinture murale en Belgique. Quel avenir pour la recherche et la restauration ? [extrait].

Inventaire, but et choix

   (...) En ce qui concerne les caractéristiques sensorielles, nous sommes encore moins avancés. De par leur nature, les peintures murales sont éminemment décoratives. Cela ne signifie pas qu'elles servent uniquement l'architecture, mais qu'elles collaborent en synergie. Elles ont une importance capitale dans la création d'une certaine "sphère vitale" dans les espaces architecturaux. A côté de toutes sortes d'éléments se trouvant plutôt dans l'atmosphère cognitive, comme l'iconographie, l'impact sensoriel est déterminant dans la prise de conscience de l'espace.

   La perception de cet environnement est un événement "synesthétique". Bien que l'oeil ait, du moins dans la civilisation occidentale, l'absolue primauté, l'ouïe, l'odorat et le toucher ont certainement une grande importance pour percevoir l'espace. Le toucher joue, surtout dans l'art de la création, un rôle important souvent sous-estimé. Nous remarquons en effet que, dans la pratique de toute création, un dialogue curieux se noue entre le contenu du savoir et les aspects sensoriels. Ce dialogue se manifeste dans l'objet d'art comme la résultante de l'interaction entre la main créatrice, l'instrument utilisé et la matière travaillée. La force émise par la main tend vers la forme, le frottement entre la matière et l'instrument se manifeste dans la texture. La relation entre la texture, orientée vers l'intérieur et l'extérieur, et la forme intervient dans la sensation d'espace.

Analyseur Raman MArtA

   Le toucher est le premier sens développé par l'homme considéré autant comme espèce que comme individu. Le sens du toucher veille à l'intégrité corporelle. Comme le sens du toucher ne peut pas s'exercer à distance et ne peut se développer que par contact direct, le temps dont il dispose pour réagir à d'éventuelles influences négatives est minime. Les réactions sont très intenses, autant dans le sens positif que négatif. L'oeil, observant à distance, peut prendre plus de temps pour assimiler ses matières sensorielles. La menace existentielle est, en effet, moins directe. En conséquence, l'oeil est par expérience "plus froid", alors que le sens du toucher est "plus chaud". Puisque les sens collaborent pour ainsi dire à la réalisation d'un monde cohérent unique, l'oeil prévoit ce que le toucher peut éventuellement rencontrer. Il peut même se concentrer sur des "valeurs tactiles" : ces sensations pourraient être ressenties si les objets concernés étaient réellement touchés. De cette façon, nous pouvons déceler une matière douce, une surface rugueuse ou une branche souple, etc.

   Même si l'oeil n'est pas uniquement orienté vers des valeurs tactiles, il les remarque malgré tout comme des éléments inhérents aux choses de ce monde, matériellement imparfaites. Dans les choses du monde fabriquées par l'homme, cette imperfection est un élément fondamental de la condition humaine. C'est également le cas pour la structure de surface dans les peintures murales, où cette imperfection est aussi une part indispensable. Ces structures de surface se manifestent par des irrégularités survenant dans toutes les couches de la stratigraphie, du support à la couche picturale comprise, et, éventuellement, les couches de finition ou de protection (...). 

 


Prix de vente public : 50,00 € TTC