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Peintures murales
Quel avenir pour la conservation et la recherche?
Collectif

Bonne page 7

Letizia BARSACCHI : Les chantiers de restauration de peintures murales en Italie : organisation du travail pluridisciplinaire [extrait].

Les peintures de l'église Saint-Apollinaire

   (...) Elles ornent l'extérieur d'une toute petite église dédiée à saint Apollinaire qui se trouve à Prabi di Arco, une petite ville située près du lac de Garde, dans la province de Trente. Les peintures représentent une Cène de la fin du XIVe siècle, à la réalisation de laquelle travaillaient au moins deux peintres, une figure de saint Apollinaire exécutée à la même époque et une Crucifixion plus récente datée de la fin du XVIe siècle. Le chantier de restauration de la Cène a été pour moi et pour tous ceux qui seraient venus le voir, profitant de l'échafaudage, une occasion extraordinaire d'étude de la technique de la peinture murale médiévale, notamment de la technique à sec (à la chaux et à la détrempe). En effet, il ne s'agit pas d'une fresque, comme on le lit encore dans l'ouvrage qui vient d'être publié à l'occasion d'une exposition qui est en cours sur l'Art gothique dans la région de Trente. De nombreux éléments témoignent que la peinture a été réalisée seulement en petite partie à fresque et pour le r'este à la chaux et à la détrempe.

   Le premier élément qui va dans ce sens est l'étalement de l'enduit, qui est assez vaste (5 m x 3 m environ), étendu en une seule fois et sans traces d'interruption (giornate). La "pontata" exclut la technique à fresque, sans des retouches à sec, même si le vaste étalement permettait à l'enduit de sécher moins rapidement. La superposition des couches picturales, assez raffinée, permet également d'exclure une peinture exécutée entièrement à fresque. Il est très intéressant, dans ce sens, d'observer la nappe qui fut réalisée par un peintre évidemment plus inexpérimenté que celui qui peignit les figures des Apôtres. Le blanc de la nappe fut étalé sur le gris foncé du ciel et sur les vêtements (la perte de petites parties de la nappe nous a permis de l'établir) ; ensuite le peintre réalisa à la détrempe les les objets que l'on peut admirer sur la table : les tranches de poisson sur les assiettes, les fruits, les pains, les écrevisses, les bouteilles de vin et les verres (...).


Prix de vente public : 50,00 € TTC