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Dévotions populaires en Loir-et-Cher
collectif

Bonne page 2

Jean-Jacques LOISEL : Les confréries de Ternay à la fin de l'Ancien Régime [extrait]

   (...) L'attribution du bâton de confrérie se faisait le plus souvent à l'issue de la grand-messe célébrée le jour de la fête du saint ou de la sainte. L'enchère consistait en livres de cire blanche, destinées à l'entretien du luminaire. La personne qui emportait le bâton en devenait détentrice pour une année : elle avait le privilège de le porter lors des cérémonies religieuses, processions, pèlerinages, et exerçait ainsi une sorte de présidence annuelle de la confrérie.

   Les sommes consenties pour l'acquisition du bâton sont un signe de l'intérêt qui lui était accordé par les enchérisseurs. À ce titre, celui de la Sainte Vierge paraît avoir été le plus prisé, avec une valeur moyenne de l'enchère de 8 livres de cire, contre 6,6 pour saint Pierre et 5,6 pour saint Sébastien. Pendant la période, le premier atteignit ou dépassa sept fois les dix livres, ce qui n'arriva que deux fois pour saint Pierre et une seule pour saint Sébastien. Ce dernier fut acquis onze fois pour cinq livres ou moins ; celui de saint Pierre quatre fois, celui de la Vierge une seule.

   Ce constat fait, l'interprétation peut prendre deux directions :

   - Le bâton de la Sainte Vierge, suscitant les plus fortes enchères, était le plus disputé, donc le plus populaire.

   - Les confréries locales pouvaient avoir des connotations sociales plus ou moins diversifiées et la signification "populaire" pouvait se situer à un autre niveau que celui du prix du bâton.

   Le choix n'est pas évident, d'autant plus que les deux interprétations ne sont pas exclusives l'une de l'autre et peuvent se recouper partiellement.

   Il est certain que saint Sébastien a été l'objet d'une dévotion populaire assidue aux époques où la peste sévissait. Ce n'était plus le cas en France depuis la flambée épidémique de Marseille en 1720. L'éloignement du péril avait pu écarter les fidèles de l'autel du "bon saint". Toutefois, la confrérie semblait bien solide et vivace, d'autant plus que si saint Sébastien n'avait plus guère à protéger les humains des grandes contagions, ses bienfaits pouvaient encore s'étendre aux animaux, en les préservant des épizooties (...).


Prix de vente public : 20,99 € TTC