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Histoire du Vendômois
Histoire du Vendômois
collectif

XVIIIe siècle

Les ruptures de la décennie révolutionnaire 
Extrait du chapitre
L'ère des notables, 1789-1848
par Jean VASSORT

   [...] La nouvelle de la chute du roi (10 août) [1792], celle de la montée du péril extérieur et les levées d'hommes qui s'ensuivent ne surviennent donc pas dans un ciel sans nuages. Mais elles ajoutent encore à la tension, comme cela est manifeste lors de la préparation des élections à la Convention : le notaire de Renay est massacré à l'assemblée primaire de Morée et sa tête promenée au bout d'une pique ; une vive agitation se développe au même moment à Vendôme. Aussi, seuls les révolutionnaires les plus convaincus participent aux assemblées de canton (pourtant ouvertes à tous), et ils choisissent pour les représenter à l'assemblée départementale où se fera la désignation des députés, des hommes sûrs, officiers publics ou acquéreurs de biens nationaux. Très logiquement donc, l'assemblée départementale qui se tient à Vendôme début septembre, au moment où le péril extérieur atteint son paroxysme, désigne comme conventionnels des hommes ouvertement révolutionnaires [...].

   C'est dans ce contexte que se développe à partir de la première quinzaine de novembre le mouvement des taxateurs. Celui-ci tient certes à la conjoncture dégradée qui résulte de la mauvaise moisson de 1792 et de la dépréciation de l'assignat. Mais il s'explique aussi par l'influence des bourgeois patriotes qui dirigent la verrerie du Plessis-Dorin. Ce sont eux en effet qui poussent leurs ouvriers, verriers et bûcherons, à aller sur les marchés du voisinage taxer (c'est-à-dire limiter, au besoin par la force) le prix du grain. De là l'étonnante équipée des taxateurs qui, feuille de chêne au chapeau, se répandent dans toutes les directions, et toujours plus loin. Ils ne se contentent pas en effet des marchés percherons. En Loir-et-Cher, après Mondoubleau, ils gagnent Vendôme, puis Château-Renault et Montoire, mais surtout Herbault, d'où leur mouvement gagne Blois et le reste du département, ne cessant qu'aux portes de Beaugency, le 29 novembre. Devant la vague, grossie à chaque étape de nouveaux venus enrôlés de gré ou de force, les autorités sont impuissantes, d'autant que les taxateurs laissent planer la menace de terribles représailles en cas de résistance, et qu'ils trouvent souvent des sympathies dans la population. Aussi la taxation est-elle partout proclamée [...]. 


Prix de vente public : 50,00 € TTC