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Histoire du Vendômois
Histoire du Vendômois
collectif

XIXe siècle

Les "bons saints" 
Extrait du chapitre Les mutations du second XXe siècle 
par Jean-Jacques LOISEL

   Les saints occupaient une place essentielle dans la religion dite "populaire". Ils étaient considérés comme les intercesseurs indispensables pour soulager les maux du corps, éloigner les dangers de tous ordres, faciliter les actes du quotidien. D'où un maillage serré, à la fois hiérarchisé et diversifié de lieux de culte, accessibles en quelques heures au maximum. Depuis des siècles, une toile d'araignée de maîtresses-places, d'églises paroissiales avec chapelles, statues et autels spécialisés, d'oratoires indépendants et de croix, protégeaient les terroirs et leurs habitants, collectivement et individuellement.

   Dans l'ouest du Bas-Vendômois, Villedieu, notamment grâce à sa Pietà, faisait office de maîtresse-place. Aux Hayes, saint Léonard aidait les femmes en couches. Saint Éloi et sainte Claire guérissaient les maladies des yeux à Ternay, sainte Apolline les maux de dents et le fessec (feu sec ou eczéma) à Artins. À Trôo, saint Mammès, toutes entrailles déployées, apaisait les intestins dévoyés ; saint Germain en faisait tout autant pour les enfants à sa fontaine des Hayes. Saint Gilles, à Montoire, préservait de la peur. Aux Essarts, saint Georges disspait les maux de tête. Saint Blaise, dans son église de Montrouveau, portait un oeil bienveillant sur les troupeaux ; et sainte Barbe, un peu partout, éloignait l'orage des récoltes... Des confréries, bâtons et bannières en tête, rendaient des hommages solennels aux saints, pour les remercier de leurs bontés ou les inciter à les poursuivre.

   La vénération de certains saints pouvait évoluer selon la crainte du danger. Depuis le début du XVIIIe siècle et la disparition de la peste en France, saint Sébastien et saint Roch étaient beaucoup moins sollicités, tout au plus pour préserver les troupeaux des épizooties. Mais saint Roch vit revenir vers lui les pèlerins poussés par la crainte du choléra, en 1832 : Notre commune [Villedieu] et toutes celles des alentours se rendirent processionnellement à des jours différents, la croix et le clergé en tête, à notre chapelle de saint Roch pour témoigner au saint patron leur vénération, leur confiance et le supplier d'intercéder pour eux auprès de Dieu pour qu'il daignât accueillir leurs humbles et ferventes prières, et leur conservât et à leurs parents la santé.

   En 1840, l'évêque envoya dans toutes les paroisses un questionnaire sur le culte des saints et les réponses - conservées dans leur quasi totalité - restituent une remarquable "photographie" de ces dévotions vers le milieu du siècle [...].


Prix de vente public : 50,00 € TTC