Le livre, la culture, l'histoire
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L'identité "traditionnelle" du Vendômois
Des travaux d'érudition locale à la reconnaissance d'un "pays" de la Vieille France (fin XVIIIe-XXe s.)
Daniel SCHWEITZ

Bonne page 1

  

Un pays sans unité géographique

  
La forte personnalité du Vendômois, territoire effectivement inscrit dans une histoire plus que millénaire, ne peut cependant masquer un flagrant manque d'unité géographique. De part et d'autre de la vallée du Loir, en amont et en aval de Vendôme, le territoire du Vendômois est constitué d'un assemblage d'espaces géographiques disparates et situés à la marge de plusieurs régions naturelles bien caractérisées. Au sud-est c'est la Petite Beauce, qui prolonge la véritable Beauce par-delà la forêt de Marchenoir ; en amont de la vallée c'est le Haut-Vendômois qui s'étend jusqu'au Dunois, pays de Châteaudun ; au nord c'est le Perche vendômois qui prolonge le Perche-Gouët et le grand Perche ; au sud-ouest c'est le territoire de l'ancienne forêt de Gastines, qui se confond plus ou moins avec la Gâtine dite "tourangelle" à Tours.

   














   Comme l'ont perçu plusieurs auteurs, et dernièrement Vassort [1995], le Vendômois est plus ou moins situé à la rencontre de trois France : celle des vallées et des coteaux, plantés de vignes et densément peuplés, celle des plaines céréalières, largement ouvertes et moins densément peuplées, celle enfin des pays de bocages consacrés à l'élevage. Ce pays est représentatif du type classique des régions historiques, qui regroupent souvent des milieux géographiques différents et complémentaires, dont l'homogénéité culturelle n'est pas indispensable, mais dont l'identité est clairement fondée sur la conscience d'un destin commun enraciné dans un riche passé.
[...]

   La diversité géographique du Vendômois, et c'est un paradoxe, tend depuis deux siècles à renforcer l'identité historique et culturelle du pays, dans la mesure où son unité ne peut être saisie qu'en ce domaine. Barthélemy, lorsqu'il entreprend l'étude du comté de Vendôme de l'an mil au XIVe siècle, commence ainsi par affirmer que le Vendômois "n'est pas une région naturelle" et qu'il lui faut, en conséquence, commencer par tracer les "contours historiques" du pays [1993]. La démarche de cet historien prolonge celle des géographes vidaliens qui, pour étudier les provinces françaises, commencent par se pencher sur leur géologie, la pédologie de leurs terroirs, leurs paysages, dont ils perçoivent qu'ils conditionnent pour partie le genre de vie de leurs habitants dans la longue durée [...].


Prix de vente public : 20,00 € TTC