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Histoire de la ville et baronnie de Marchenoir
Gentien Alexandre PEAN et Charles-Marin ROUSSEAU

Bonne page 1

Introduction de Bruno GUIGNARD [extraits]

     Intérêt du manuscrit
  
À la suite de l'Histoire du Dunois écrite au milieu du XVIIIe siècle par l'abbé Bordas et publiée à deux reprises au XIXe siècle, l'Histoire de Marchenoir apporte un éclairage nouveau et une contribution importante à la connaissance de cette partie du Dunois. Une lecture rapide de l'ouvrage pourrait faire penser qu'il s'agit d'un simple décalque de l'ouvrage de Bordas. On y trouve en effet, comme chez Bordas, la liste des seigneurs de Dunois et la description des paroisses formant l'ancienne baronnie de Marchenoir. Mais outre que Péan et Rousseau n'ont pu consulter le travail de Bordas, publié bien après leurs propres travaux et dont ils ne pouvaient guère avoir eu connaissance, leur travail ne puise pas aux mêmes sources. Péan et Rousseau ont utilisé les sources qu'ils avaient sous la main et essentiellement les ressources locales auxquelles ils pouvaient facilement avoir accès : registres paroissiaux, minutes notariales, actes administratifs. 
   [...] De manière plus systématique que Péan, Rousseau a eu recours aux documents originaux et notamment à l'Inventaire raisonné des titres et papiers de l'abbaye de Notre-Dame de l'Aumône dite le Petit Cîteaux qu'il a méthodiquement dépouillé, exploité et finalement résumé dans une remarquable annexe à son travail qu'il intitule "Addition à l'abbaye du Petit Cîteaux". 
   [...] on trouve de passionnantes généalogies inédites des principales familles de la contrée, des faits historiques inconnus retrouvés dans des mémoires du temps, des anecdotes sur les coutumes et les usages juridiques, des renseignements sur les poids et mesures. Sur ce point, le chapitre sur les usages dans la forêt de Marchenoir est particulièrement riche pour la connaissance des forêts du comté de Blois.

   Mais au-delà de ces notations importantes par elles-mêmes, ce qui fait l'intérêt premier de l'ouvrage de Péan et Rousseau, c'est le regard que ces deux auteurs ont porté sur leur cadre de vie. La description de Marchenoir en 1820 rédigée par Péan, celle des dix-neuf paroisses de la baronnie de Marchenoir faite par Rousseau constituent des témoignages de première main sur ce qui était leur environnement le plus familier. Grâce à leurs écrits, de nombreux monuments — châteaux, fermes, métairies, églises - aujourd'hui disparus, revivent sous leur plume précise. Que saurait-on de l'église et du châteu du Plessis-l'Échelle, des châteaux de Saint-Mandé, de Boisseleau ou de Conan sans leurs précieuses notices ? À cet égard, le tableau des ruines de Cîteaux, en même temps qu'il dresse l'accablant constat des dégâts commis en ces lieux sous la Restauration, constitue un témoignage très émouvant et un plaidoyer contre le vandalisme bien dans la veine romantique de l'époque.
   [...] l'œuvre de Péan et Rousseau complète l'image que l'on peut avoir sur la manière d'écrire l'histoire en 1820. À la charnière entre l'histoire traditionnelle des annalistes telle que le XVIIIe siècle pouvait encore la concevoir et l'histoire nouvelle, basée sur les mouvements des idées et des peuples, telle que la conçoit à la même époque un Augustin Thierry, l'Histoire de Marchenoir s'affiche comme l'œuvre modeste de deux notables locaux, fiers de leur petite patrie [...].