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Histoire de la ville et baronnie de Marchenoir
Gentien Alexandre PEAN et Charles-Marin ROUSSEAU

Bonne page 5

 

Le "miracle" de Moisy

  
   Louise Trémasse, veuve de Jean Mercier, journalier, née à Semerville en l'année 1706, fut atteinte en 1733 d'une paralysie sur tout le côté droit. Six mois après, la paralysie s'étendit par toute l'habitude du corps, excepté le cœur, la langue et une partie du visage. Depuis trois ans et demi, ses jambes s'étaient retirées et ployées sous le tronc. Une enflure prodigieuse occupait tout l'espace depuis les genoux jusqu'au menton et il était demeuré dans le bras droit une espèce de ressort machinal dont l'effet était de comprimer l'estomac au point de suffoquer la malade quand le bras n'était pas éloigné et fixé au bois de la couchette, avec un cordon.

   Le sommeil était devenu rare et sans effet. Enfin, après beaucoup d'observations, de remèdes et de soins, les médecins avaient déclaré incurable une maladie qui avait pendant longtemps résisté à tous les moyens de la curation.

   Le 16 octobre 1737, on plaça sur la malade des reliques provenant du tombeau de M. François de Pâris, diacre du diocèse de Paris, mort appelant de la bulle "Unigenitus". Quelques instants après, la malade s'endormit. Après plusieurs heures de sommeil, elle éprouva un mieux sensible. À diverses reprises, le sommeil revint toujours suivi des plus heureux effets. Et le troisième jour, elle était en pleine convalescence, jouissait librement de l'usage de tous ses membres et marchait sans aucun appui et sans secours étranger à son individu.
  
[...]  on ne peut révoquer en doute ni la longue et étrange maladie de Louise Trémasse, ni la confession des médecins, que leur art était insuffisant, ni l'étonnante et rapide guérison de la malade, ni même l'imposition antécédente d'objets émanés du tombeau de François de Pâris puisque ces faits sont notoires et avérés.

   Mais comment croire que cette guérison, si peu naturelle, ait été opérée par l'intercession de François de Pâris ? Pâris n'avait été ni béatifié ni canonisé. Il était mort appelant de la constitution qui condamnait le livre de Quesnel et ce livre avait été condamné comme tendant à reproduire la doctrine de Jansénius, déclarée par le Saint-Siège impie, blasphématoire, hérétique
[...].
   Telle fut l'opinion presque universelle des théologiens dans cette circonstance et cependant plusieurs ecclésiastiques et plusieurs personnes distinguées, dans les environs de Moisy, furent d'un avis tout opposé et demeurèrent convaincus de la sainteté de François de Pâris. [...]