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Histoire de la ville et baronnie de Marchenoir
Gentien Alexandre PEAN et Charles-Marin ROUSSEAU

Bonne page 6

Entre autres lieux...

   Sigogne
   [...] Pendant les troubles de la Ligue qu'excitait le calvinisme, le voisinage de Sigogne était infesté par des partisans. Un d'eux appelé le capitaine Tersan se porta à des excès tels que Charles de Beauxoncles, seigneur de Sigogne, résolut d'en délivrer le voisinage. Ayant donc provoqué Tersan à un combat singulier, il le tua. Alors les gens de Tersan se dispersèrent et la tranquillité fut rétablie.

   César Augustin Costé, in "Nympham Vivarium", imprimé à Paris en 1604, fait cette mention du seigneur et du château :
  
Je ne laisserai point dans un oubli coupable
   Ces rochers menaçants, ce château redoutable
   Qui d'un oiseau modeste ayant reçu le nom
   Le transmet aux enfants d'une illustre maison
   Et lui fait partager la fortune et la gloire
   D'un héros bien connu des filles de mémoire.
   Là vit mon cher Sigogne, élève du dieu Mars
   Qui souvent de la guerre affronte les hasards
   Mais qui souvent aussi s'égarant au Permesse
   Obtient des chastes soeurs une douce caresse.
   Sigogne dont l'esprit si sage et si prudent
   Contient de nos Dunois le caractère ardent
   Dans les temps malheureux de nos guerres civiles
   À qui nos citoyens, nos campagnes, nos villes
   Resteront obligés du plus grand des bienfaits
   Celui de l'union et d'une douce paix.
[...]
   [traduction en français des vers latins par Mianville, 1820]

   La Gahandière
   Ce bourg se compose de l'église, du presbytère et de trente-deux maisons. Il y eut très anciennement un prieuré à La Gahandière. C'est à ce prieuré qu'est due la formation de la paroisse dont le curé était qualifié prieur curé de La Gahandière. Cette paroisse qui ne comptait qu'environ cent cinquante individus de population, n'avait point de desservant dès avant l'année 1789. Le revenu du bénéfice était d'ailleurs insuffisant pour l'entretien d'un prêtre. Toutefois, les habitants de La Gahandière exprimèrent les regrets les plus amers lorsque leur paroisse cessant d'être desservie fut par le fait réunie à celle de La Colombe qui au midi est très voisine. Cet état de choses se maintiendra d'autant plus sûrement que, depuis l'année 1790, le territoire de La Gahandière n'a point titre de commune et qu'il est annexé à la commune de La Colombe.

   Le presbytère de La Gahandière et les trente-deux maisons du bourg font partie de la communauté des usagers dans la forêt de Marchenoir, du côté de La Colombe. Le curé est usager noble, les habitants sont usagers avéniers. [...]  

   Oucques
   Le château situé au midi d'une place du marché est composé de plusieurs corps de logis et tourelles avec pavillons détachés à l'est, le tout couvert à ardoises. L'ensemble présente un aspect assez agréable du côté d'orient. Sur la façade du principal  bâtiment formant le centre ou le point prépondérant de ce château on lit trois inscriptions que le comte Élie Guillaume de L'Hôpital y fit graver en l'année 1715. Elles font l'éloge de sa beauté et attestent sa modestie. Les voici :
   Sit domus haec pacis
   Vulcani illoesa furore
   Semper clausa invalis,
   semper aperta bonis.
[Que cette paisible demeure ne soit jamais détruite par la colère de Vulcain. Qu'elle soit toujours fermée aux méchants et toujours ouverte aux bons].
   Magnos magna decent atque
   ampla palatia parvo
   parva mihi plusquam
   sufficit haecce domus.
[
Les grands et amples palais conviennent aux Grands. Pour moi, modeste seigneur, cette modeste demeure me suffit].
   Tecta furens auster
   sublimia saepe refregit
   Hoc mediocre nihil
   talia flabra timet.
[Souvent de terribles tempêtes brisent les toits élevés. Ce modeste toit ne craint pas de pareils orages].

   Dans un enfoncement et au midi de la cour d'honneur se trouvent encore des bâtiments servant autrefois à l'exploitation des jardins, parc et de la basse-cour particulière de ce château. Immédiatement et à l'orient étaient les dehors de cette maison, bien clos de murs d'une part et d'une autre bien garantis par de fortes haies vives entourées de fossés.
[...]

   Conan
  Ancienne seigneurie, ayant haute justice ressortissant au bailliage de Marchenoir. Elle donna autrefois son nom à une famille noble qui florissait dans le XIIIe siècle. De cette famille était Geofroi de Conan, 17e abbé de Marmoutier, vivant en 1235, personnage éminent par sa sagesse et ses vertus, qui joignait beaucoup de fermeté à beaucoup de douceur, et qui, sans être ému des emportements de Jean de Châtillon, comte de Blois et de Dunois, résista efficacement aux entreprises de ce comte contre l'abbaye de Marmoutier [...].

   L'église paroissiale est sous l'invocation de saint Saturnin. C'est un édifice solidement construit, bien entretenu et d'une étendue plus que suffisante pour les trois cents individus qui forment le nombre des paroissiens. Cette église dans son ensemble n'a rien de remarquable, si ce n'est son ancien mobilier, et plus encore sa propreté et beaucoup d'élégance dans ces décorations. [...]