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Naveil, pages d'histoire
Claude et Liliane BONIN

1870, les Prussiens à l'offensive

Naveil au cœur de la guerre


  
    17 décembre. Ce fut le début de l'occupation. Les troupes allemandes avaient une méthode toute spéciale pour se cantonner dans les villages : un tiers des hommes étaient désignés pour le service des avant-postes, pendant que les fourriers pénétraient dans chaque maison, jugeant le nombre d'hommes qu'elle pouvait contenir et l'inscrivaient à la craie sur la porte du logis... Les portes des maisons devaient rester ouvertes... Tous les meubles étaient ouverts, fouillés et le moindre papier éveillait l'attention des chercheurs [Neilz].
   18 au 21 décembre. Les passages de troupes [prussiennes] continuent. Ceux-ci  sont exécutés avec le plus grand ordre et dans un silence absolu. Les réquisitions deviennent exorbitantes. Il ne reste plus dans nos villages ni denrées, ni bestiaux, ni fourrage, partout c'est la ruine et la désolation  [Neilz]. À Montrieux, comme dans toute la vallée du Loir, les habitants utilisaient les caves creusées dans le rocher pour y cacher des vaches et des provisions. Nous sommes en décembre, les journées sont courtes : le soleil se lève à 7h 30 et se couche à 16h 12 [heure solaire], précise Neilz. De plus, le 20 décembre, une épaisse couche de neige recouvrit le sol. Ces conditions hivernales n'étaient pas faites pour améliorer le moral de la population.
   24 et 25 décembre. Dans tout le rayon de Vendôme, plus de la moitié des vaches ont été enlevées et trois quarts des  poules ont disparu. Les soldats font bombance. Ils ont pris des sapins et les ont mis  dans chaque maison occupée. Ils mangent, boivent, chantent et dansent jusqu'au milieu de la nuit. Le jour de Noël, deux escadrons de cuirassiers et une section d'artillerie, précédés d'un corps de musique, partent de Vendôme, défilent dans Montrieux, Villiers et vont jusqu'à Mazangé. Ils reviennent le soir chantant à tue-tête, tout fiers de leur parade [Neilz].

[...]
   30 et 31 décembre.
Les Français ont repris Villiers et les Allemands se replient sur Montrieux. Deux canons postés sur le haut de Prépatour commencent à tirer sur Villiers à 9h. En même temps , une fusillade bien nourrie se fait entendre sur les hauteurs de Montrieux : le 45e de Marche tombe sur les Prussiens et les culbute. Il leur inflige des pertes considérables : 29 prisonniers sont faits mais 30 soldats français sont à terre, tués ou blessés.
  
Une canonnade éclate du côté d'Azé, et une grêle de balles tombe sur Montrieux, la Papeterie, Lubidé et Courtiras.
   Vers 1h, les Prussiens font retraite et perdent 16 des leurs entre Villiers et Montrieux. Au pont de Naveil, un officier allemand se dispose à traverser le Loir, mais le pont est rompu. Affolé, il se heurte à une reconnaissance française. Il se rend en offrant son épée au caporal français qui la refuse et la jette au vent. C'est un vigneron du village qui la recueille. [...]


Prix de vente public : 26,00 € TTC