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Chronique des Cavaignac
Pierre GIVAUDON

Volume 1 "Jean-Baptiste"

Représentant en mission 
dans le Sud-Ouest

   Dès le 8 octobre, Jean-Baptiste reçut une nouvelle mission. Il fut envoyé auprès de l’armée des Pyrénées Occidentales pour le complément et l’organisation des troupes à cheval. Sur cette mission nous disposons d’informations assez précises par son secrétaire Pierre Étienne David. Celui-ci, attaché à la rédaction du Moniteur, avait été appelé sous les drapeaux à la réquisition du 23 août 1793. Je n’attendais plus que l’ordre de départ, lorsqu’un de mes amis vint le 9 octobre 1793 me dire que le représentant Cavaignac […] cherchait un secrétaire […]. J’acceptais de suite ; je fus présenté de suite à Cavaignac qui demeurait à l’hôtel de Nantes sur la place du Carrousel […]. Le lendemain 10 octobre […] je montai dans une bonne voiture et je courus en poste jour et nuit vers les Pyrénées occidentales […] seul dans cette voiture avec un homme puissant […]. J’étais quelque peu embarrassé […]. Nous arrivâmes le 14 à cinq heures du soir à Payrac. Le Représentant du peuple reçut de ses parents et de tous les habitants le plus éclatant témoignage d’amitié. Ce bon Cavaignac, qu’on a tant calomnié depuis méritait bien ce sentiment […]. C’était un homme plein de franchise et de loyauté […]. Il détestait les excès de la faction démagogique […]. Le lendemain 15 octobre Cavaignac alla voir son père à Gourdon et me laissa avec sa mère et sa sœur, jeune fille de 17 à 18 ans pleine de grâce […]. Le même jour il fallut nous remettre en route à 6 heures du soir […]. Un peu avant Cahors ils s’arrêtèrent à l’auberge tenue par la mère de Murat. Donnez-moi des nouvelles de mon fils. Où est-il ? Que fait-il ? […]. Le pauvre Joachim, il doit tout à vos bontés […]. La mère Murat nous servit l’omelette.

   Enfin nous entrâmes à Auch le 18 octobre à trois heures du matin. C’était le premier but de notre voyage, c’est-à-dire le centre de nos opérations qui consistaient à réunir les chevaux, armes et objets d’équipement de deux régiments de cavalerie légère. Ils en repartirent le 20 octobre. Le 1er brumaire [22 octobre 1793] ils étaient à Mont-de-Marsan, le 3 à Saint-Sever, le 4 à Dax et le 6 à Bayonne. Le 7 on annonça à Bayonne la destruction des troupes vendéennes par les armées de la République […], il y eut fête civique. Elle se composait de réunions des autorités et des patriotes sur la place publique, de discours autour de l’arbre de la liberté, de banquets fraternels, de chants, de danses, de courses. Rien de plus joyeux dans ces pays méridionaux que ces spectacles populaires. Pour l’instant ni fureur, ni cruauté révolutionnaire, pour utiliser la terminologie de l’époque. Le 9 brumaire, départ de Bayonne et retour à Auch par Orthez, Pau et Tarbes. Ils restèrent à Auch du 15 brumaire au 30 frimaire. Jean-Baptiste présida un club, y emmena son secrétaire et lui demanda de parler sur la Vertu ! La mission commençait bien, mais la suite fut moins sereine.

   Lettre de Moncey à J.-B. Cavaignac, 20 frimaire an III

   Jean-Baptiste fut associé à son collègue Jacques Pinet, qui se révéla un redoutable personnage. On raconte que le jouet favori de son fils âgé de sept à huit ans était une guillotine miniature avec laquelle il s’amusait à trancher le cou des poulets. Un soir Pinet et sa famille débarquèrent à Urrugne au château d’Urtuby pour y passer la nuit. Les écuries étaient occupées par les chevaux du colonel Moncey. Refus de Moncey de vider les écuries, indignation de Pinet. L’affaire fut à deux doigts de tourner très mal pour Moncey, qui affecta d’ignorer le temps où il vivait et l’homme terrible auquel il avait affaire. Jean-Baptiste dut s’entremettre le lendemain pour limiter les dégâts. L’affaire n’eut pas de suite et quatre mois après Moncey se retrouva général en chef de l’armée du Sud-Ouest.


Prix de vente public : 39,00 € TTC