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Chronique des Cavaignac
Pierre GIVAUDON

Volume 2 "Juliette"

Eugène s'efface

   Dès la proclamation des résultats du scrutin présidentiel Eugène quitta Matignon et s’installa dans un appartement 17 rue du Helder au coin de la rue Basse-du-Rempart, qui longeait le côté nord du boulevard des Italiens. À Matignon, tous les mardis il y avait réception. Ambassadeurs, journalistes, fonctionnaires affluaient. Rue du Helder, Eugène ne reçut que des intimes. Les visiteurs qui venaient lui donner un dernier témoignage de sympathie inscrivaient leur nom chez le concierge.

             Eugène Cavaignac vers 1849-1850.

   Eugène était toujours député. Il reparut bientôt à la Chambre, s’en tenant à voter sur les questions posées. Sa première intervention est du 29 janvier 1849. Depuis l’élection présidentielle on appelait les deux concurrents entre lesquels l’élection s’était jouée le vainqueur et le vaincu. Eugène mit les choses au point : C’est avec une émotion profonde que je parais à cette tribune [...]. J’éprouve le besoin d’en finir avec cette mauvaise habitude [...] d’appliquer les mots de vainqueurs et de vaincus aux hommes dont le peuple fait ses candidats [...]. Je comprends que pour ceux qui ne voient dans l’urne électorale que des luttes d’ambitions individuelles [...] ils puissent voir un vainqueur et un vaincu ; quant à nous qui avons suivi avec respect cette grande épreuve nationale [...], le soir nous n’avons pas demandé quel était l’élu de la nation ; nous avons vu une victoire remportée par le principe de la souveraineté populaire [...]. Je n’ai pas vu de vaincu au 10 décembre, j’ai vu une grande victoire, celle d’un principe sacré. On peut saluer cette noble déclaration, mais elle cache quand même une certaine déception !


Prix de vente public : 39,00 € TTC