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Chronique des Cavaignac
Pierre GIVAUDON

Volume 3 "Ourne"

Godefroy et l'"Affaire Dreyfus"


               Godefroy à la tribune de l'Assemblée nationale

   Le 10 janvier 1898 Esterhazy passa en Conseil de guerre. Le 12, il était acquitté. Le 13 janvier L’Aurore publiait J’ACCUSE. À la Chambre, après Méline, président du Conseil, et le général Billot, ministre de la Guerre, le radical Cavaignac [...] intervient à son tour estimant sans doute le moment venu de “renverser le gouvernement rien qu’en le poussant”. Il affirme qu’il “ne veut pas laisser dire que la défense de l’armée vient de la droite”. Il assure à l’Assemblée que Dreyfus a passé des aveux. Mais Godefroy s’appuyait sur une déclaration non fondée du capitaine Lebrun-Renault !
   Le lendemain, le 14, Lucie, l’épouse d’Alfred Dreyfus, lui répondait par écrit : J’oppose à cette affirmation un démenti catégorique2, tandis qu’à la Chambre il répliquait à une intervention de Jaurès : Avez-vous songé, quand vous êtes venu apporter ces attaques à la tribune qu’aux heures troubles et décisives qui sont peut-être devant nous le salut de la Patrie dépendra du respect que des millions de soldats professeront pour les hommes qu’ils auront à leur tête. Godefroy avait choisi son camp et rien ne le fit changer d’avis. Pour lui, il importait avant tout qu’un pays ait confiance dans son armée et dans ses chefs. Et pourtant avertissements et mises en garde ne lui manquèrent pas. Certains sont même pathétiques.

               Godefroy, cible des caricaturistes.

   Le 8, Lucien Lévy, son camarade de l’X, lui écrivait : Les journaux annoncent que le dossier secret de l’affaire Dreyfus va de nouveau être soumis au conseil de guerre [...]. Ainsi l’on va recommencer ce crime de faire juger un absent sur un dossier qu’il est permis de soupçonner faux [...]. Au nom de nos anciennes affections, au nom de la République je te conjure d’employer toute ton influence à empêcher que cette nouvelle infamie se commette [...]. Le 11, Gabriel Monod, de Rome, lui exprimait son indignation : Ce n’est qu’hier que j’ai appris que vous étiez au nombre des 170 députés qui dans la séance du 4 décembre ont flétri Mathieu Dreyfus, Scheurer-Kestner et moi et quelques autres braves gens. J’en suis très affligé, car la sympathie et l’estime que j’avais pour vous me rendaient précieuses les relations scientifiques et personnelles que j’avais avec vous [...]. Je ne comprendrai jamais que le fils et le neveu des deux grands républicains, dont vous portez le nom [...] ait flétri un homme, qui, convaincu de l’innocence de son frère, expose sa tranquillité, sa sécurité, sa vie pour le sauver [...]. Le 18, Monod lui écrivait à nouveau : Vous comprendrez que quand je constate    Sous la pression de la droite et de la plupart des radicaux le gouvernement se résigna à engager des poursuites contre Zola. Mais voici que la Chambre se passionne à l’approche du procès. À nouveau le 22 janvier le radical Cavaignac, auquel l’affaire Dreyfus sert maintenant de moteur, somme le gouvernement de produire les pièces décisives qui établissent les aveux de Dreyfus. Méline sait bien que le projet de Cavaignac est de le renverser [...]. Et maintenant il s’en prend à Cavaignac. Il lui céderait volontiers sa place si Cavaignac était capable de la prendre. Godefroy déposa alors un ordre du jour : La Chambre regrettant les hésitations du gouvernement en présence des tentatives faites pour porter atteinte à l’autorité de la chose jugée [...]. Méline répliqua en posant la question de confiance et l’ordre du jour fut repoussé par 299 voix contre 183. Pour Godefroy l’occasion était manquée ![...] comment on met la raison d’État au dessus de la justice, je reste torturé par des doutes toujours plus forts. En tous cas, si le procès Dreyfus n’est pas revu, sa condamnation sur un bordereau qu’il n’a pas écrit et sur une pièce secrète qu’il n’a pas connue restera un crime judiciaire, dont l’honneur de la France est cruellement entaché. C’est l’opinion de l’Europe et ce sera celle de l’avenir.

               Textes antidreyfusards.

 


Prix de vente public : 39,00 € TTC