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Chronique des Cavaignac
Pierre GIVAUDON

Des femmes de caractère

Julie de CORANCEZ, dite "Juliette"


Épouse de Jean-Baptiste Cavaignac, mère de Caroline, Godefroy et Eugène Cavaignac.

Cornélie, fille de Scipion l’Africain, fut le modèle accompli de la mère romaine. Elle adopta les idées démocratiques de son mari, le censeur Sempronius Gracchus. Veuve, elle refusa la couronne d’Égypte et se consacra à ses enfants. Après la mort tragique de ses deux fils, Titus et Caïus, elle se retira près du cap Misène ne vivant plus que du souvenir de son père, de son mari et de ses fils. À Paris on appelait Juliette La mère des Gracques.

 Le 7 novembre 1857, peu après la mort d’Eugène, Mgr Cœur à Louise Odier, veuve d’Eugène : En février 1849 madame Cavaignac, un jour, était dans son lit souffrante. Rien alors n’aurait pu faire soupçonner que je l’entretenais pour la dernière fois. Elle me dit : « La maladie qui me retient n’est pas grave. On ne meurt pas de cela, toutefois j’ai le pressentiment qu’il me reste peu de jours à passer dans ce monde [...]. Oh ! Je ne m’en plains pas [...]. Il y a quelque chose de solennel et de triste dans la fin de la vie, mais il s’y mêle pour moi je ne sais quel charme, dont je suis presque heureuse [...]. J’ai vu mon fils présider au gouvernement de la France [...], il ne s’est pas troublé dans cette élévation [...]. Ses vertus m’ont touchée plus encore que sa gloire [...]. J’en étais fière [...]. Oh ! n’est-ce pas que la perfection du fils excuse un peu l’orgueil des mères ? Pour elles c’est la récompense du devoir accompli.
 

Louise ODIER


Épouse d'Eugène, mère de Godefroy Cavaignac.

Au fort de Ham (après le coup d’État du 2 décembre)
Le 11 : Nous avons vu le général aujourd’hui plus longuement et avec plus de liberté [...]. Il est naturellement très indigné d’événements faits pour indigner la nature la plus calme [...], mais il a grande confiance dans l'avenir [...]. Le 12 : [...] Le général, sur le point de vue matériel, ne se plaint que d’une chose, le défaut d’air et d’exercice. Les messieurs ont pu communiquer ensemble pendant le trajet [...].Il a été résolu avec le général que nous attendrons patiemment le 24, qu’arrivés à cette époque mon père irait chez M. de Morny lui demander s’il prévoyait que la captivité dût se prolonger, auquel cas il lui demanderait l’autorisation pour le général de se marier dans la prison, d’avoir deux chambres, celle que le général occupe maintenant, plus celle de M. Roger qui y est attenante et une pour la femme de chambre n’importe où, car le général veut que j’ai une femme de chambre, quoique je puisse parfaitement m’en passer. De la sorte nous passerons une lune de miel charmante, nous permettrons qu’on vienne nous voir, pas trop souvent pourtant, et nous serons heureux depuis le matin jusqu’au soir et du soir au matin. Seulement le général trouve les dix jours à passer d’ici là bien longs [...]


 

La Commune commença le 18 mars. Le 22, Louise réussissait à quitter Paris et gagnait Ourne avec sa mère et Godefroy. Le 27, Louise à Paul Albert : [...] nous avons cherché un refuge loin des spectacles déplaisants que les hommes donnent un peu partout dans notre pauvre France en ce moment, mais qui à Paris prenaient un caractère d'horreur fait pour affecter gravement la santé de ma mère ébranlée déjà par les épreuves du siège et le deuil1 qui a suivi ces épreuves […]. Aussi nous sommes nous décidés à partir pour Ourne, où nous sommes arrivés mercredi soir [le 22]. Quel port trouver en ce naufrage ! D'un côté une Chambre hostile à tout progrès, rétrograde même [...], de l'autre la ville qui seule a combattu courageusement l'ennemi, mais qui s'est abandonnée à des mains indignes et dont le triomphe serait le morcellement et finalement l’irrémédiable déchéance de ce qui reste de la nation française [...]. Dans cette contrée on parle sans amertume du Prussien, qui n'y a paru qu'après la signature de l'armistice [...]. Le patriotisme local s'est surtout manifesté par l'énormité des prix qu'on a fait payer à ces messieurs les objets nécessaires à la vie.

                         Il existe une rose "Louise Odier"


Blanche MOJON


Épouse de Godefroy Cavaignac, fils d'Eugène.
 Le 14 [décembre 1877], Blanche commentait la formation du ministère : Enfin nous tenons ce fameux cabinet. Nous sommes ravis. Freycinet en est [...]. Fallait-il mettre en branle tous les aboutissants, oui ou non ? Fallait-il écrire à M. de Beaumont d'en parler à M. Dufaure ? Godefroy a hésité : nous désirons tant la position [...] que si elle nous tombait du ciel ou de M. Dufaure nous les bénirions tous deux. Mais Godefroy a le pressentiment qu'une fois au ministère il sera entraîné très vraisemblablement dans une autre voie que celle de son métier [...]. Il tient à ses cinq ans si précieux. Faut-il risquer de les compromettre [...]. Après mûre réflexion Godefroy a lâché sa plume et a décidé de laisser faire.




 1883. G. me fait remarquer que je conduis Eugène à la messe le dimanche, que l’enfant grandit, que j’engage l’avenir et qu’il désire pourtant que son fils ne soit pas instruit dans la religion catholique. Je réponds que j’ai résolu de faire tout au monde pour que mon fils reçoive cette instruction religieuse ; que ma foi, après des incertitudes, est bien consolidée et que ce serait me porter un coup mortel que de ne pas me céder sur ce point. Comme concession G. me demande et exige 1° une seule année de catéchisme 2° que la première communion soit aussi la dernière. C’est un ordre, une condition sine qua non à son consentement à la première communion. J’ai la lâcheté de me soumettre après une scène violente, amère, horrible. Dès ce moment j’entre dans la voie mauvaise des scènes, des violences suivies de soumissions forcées. Je me mets constamment dans mon tort. J’oublie que “l’ire de l’homme n’opère pas la justice de Dieu”. Si j’avais plus et mieux aimé j’aurais triomphé. J’ai péché constamment contre la charité, contre la loi d’amour, de douceur, de bonté, de pardon, de patience.









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