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La commanderie d'Arville
Pierre FAUCHON

Bonne page 3


La vie monacale des Templiers

    N’oublions pas en effet que la première raison d’être de la commanderie est d’héberger des Templiers et que, même si ceux-ci devaient être en très petit nombre à Arville, ils n’en étaient pas moins astreints à une vie de type monacal qui mérite d’être évoquée.

   On trouve une telle évocation sous la plume de l’historien Georges Bordonove1. Il décrit la journée du Templier rythmée par les prières ou cérémonies à la chapelle, à « matines » tout d’abord et c’est encore la nuit, à la messe ensuite, à l’aube, enfin à « complies ». Ces moments de vie religieuse alternent avec ceux de l’activité, car l’oisiveté est sévèrement proscrite et il reste peu de temps pour la vie personnelle. Les activités peuvent être tantôt l’entretien des armes, de l’armure, du harnais et des effets personnels, ou tantôt de relever d’un service collectif comme la garde, des tournées de surveillance, des expéditions plus lointaines, l’intendance et la gestion du domaine, en particulier l’exercice du droit de haute et basse justice dont le commandeur était titulaire, enfin des activités artisanales, en particulier celles intéressant le matériel guerrier.

   Chaque dimanche, les Templiers tiennent une réunion commune ou « chapitre », cette assemblée si importante se tenant vraisemblablement dans la chapelle. Elle permet tout à la fois des réflexions communes sur la gestion du domaine et la vie propre de l’ordre, et l’examen des problèmes individuels de chacun et tout particulièrement l’aveu et la punition des fautes éventuelles, car la discipline est particulièrement stricte.

   Enfin, la commanderie ne devait pas manquer de visiteurs en ces temps où il n’existait ni auberges ni relais où, cependant, la circulation à pied ou à cheval était plus importante que nous ne l’imaginons et où les routes n’étaient pas sûres.

   Qui peut dire combien de nobles seigneurs, de prélats mêlés à des manants, à de simples bourgeois, auront durant ces siècles lointains, fait étape et trouvé refuge à la commanderie ?

   Ils y ont peut être séjourné, en proie à quelques fièvres, blessures ou dangers dont le souvenir s’est perdu, mais qu’il nous est loisible d’imaginer et d’évoquer au gré de ce mélange de certitudes, de probabilités et de rêveries sans lequel il n’y a pas d’histoire vivante.


Prix de vente public : 20,00 € TTC