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Le pays de Mondoubleau
Le pays de Mondoubleau
Alain QUILLOUT

Bonne page 1

La haie plus que la forêt


    Une forme d'équilibre s'est peu à peu installée entre l'arbre et la haie. Le plus souvent, la présence d'un château a sauvegardé une végétation favorable au gros gibier. On lui concède volontiers les pentes rudes, les lieux élevés. Alentour, le bocage restera omniprésent jusqu'au milieu du XXe siècle. L'usage favorisant l'élargissement des parcelles sur les plateaux, et conservant de petits prés fangeux au bord de l'eau.

   Qu'ils soient denses ou plus lâches, les ourlets bocagers marquent alors profondément le pays. La moyenne parcellaire du canton de Mondoubleau était de 1ha 07 sur le cadastre napoléonien. Ce qui correspondra encore à la taille des champs les plus petits au milieu du XXe siècle, tandis que les plus grands ne dépasseront guère les cinq à six hectares. Les talus d'argile portant les haies vives ont une solidité de muraille. Et de loin, quand la vue l'autorise, tous les plans successifs de rideaux verdoyants laissent croire à l'épaisseur d'une forêt.

   Prenant appui sur un tronc de pommier, de cerisier, de chêne, de frêne ou de charme, qui se mêle aux noisetiers autant qu'aux épines, seule la barrière en lattes permet d'entrer dans un champ. Elle s'est couverte de lichens à l'ombre du feuillage. Et gare à l'étourdi qui la laissera ouverte ! Mieux vaut tenter de franchir la haie par un échalier si l'on n'a avec soi ni attelage, ni bétail.

   La reine des lieux reste la trogne d'orme, de chêne, de châtaignier, sans cesse émondée, devenue depuis longtemps arbre têtard, et marquant de son tronc énorme la pérennité de l'enclosure.