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Le pays de Mondoubleau
Le pays de Mondoubleau
Alain QUILLOUT

Bonne page 3

 L'empreinte des châteaux

   Le XIXe siècle verra l'embellissement de certaines demeures et la reconstruction d'autres dans le style inspiré de la fin du Moyen Âge en vogue à l'époque. Et la respectabilité étant plus que jamais liée à la propriété dont la "Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen" avait fait un droit "inviolable et sacré", les notables retrouveront rapidement un rôle important dans la vie locale.

   Leur impact, déjà noté, touchant au développement agricole, a sans doute été assez lent à porter ses fruits, mais leur exemple a pu être néanmoins moteur. Plus difficile est de mesurer leur rôle en matière d'opinion publique. On peut considérer que les cultivateurs et "bordagers", locataires, se sentaient plus ou moins contraints d'adopter la pensée politique de leur « maître ». Et pourtant, lorsque les fermiers profitant d'un début d'éclatement des grandes propriétés se rendront acquéreurs de leurs terres au cours du XIXe siècle, ils hésiteront à prendre le contrepied des idées du châtelain.

                       Château de la Cour

   Ainsi, en mars 1850, sur l'arrondissement, le candidat de gauche Etchegoyen arrive en tête sur les cantons de Vendôme, Selommes, Montoire et Droué. Celui de Mondoubleau vote à droite.

   Toujours une tendance conservatrice lorsque Louis-Napoléon Bonaparte a recours au plébiscite. S'il obtient entre 60 et 70% des suffrages sur tous les autres cantons, celui de Mondoubleau affiche 88%. Et pour finir, ce dernier exemple, en 1876. Le républicain De Sonnier battra Dessaignes, candidat de la droite dans tous les cantons, sauf dans celui de Mondoubleau. Peut-être faut-il noter une coïncidence entre ces résultats et, sur le plan religieux, le taux des personnes accomplissant le rite de la communion à Pâques ? Il sera encore de 32,2% dans le doyenné de Mondoubleau quand il est déjà tombé à 24,7% dans celui de Saint-Amand entre 1891 et 1896, période où l'anticléricalisme est virulent.

 

                  Marquise et marquis de Solage

   Il n'est pas exagéré de considérer alors le Percheron derrière ses haies comme plus lent aux mouvements du temps, moins sensible aux progrès que le Beauceron, et moins ouvert aux idées égalitaires que le vigneron vendômois. « Monsieur le Marquis » ou « Madame la Comtesse » peuvent dormir tranquilles. Ils garderont leur titre dans les bouches villageoises, bénéficieront de la considération, bien souvent de l'estime, et personne ne les privera de leurs stalles dans le chœur.

 
De Neveu                                              Courtarvel