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Le pays de Mondoubleau
Le pays de Mondoubleau
Alain QUILLOUT

Bonne page 6

Les Prussiens sont là ! 

   Début décembre, le mouvement tournant des Prussiens par le sud du département prend en écharpe la 2e armée de la Loire. Chanzy abandonne Blois le 10 après avoir détruit une arche du pont, et se replie en espérant trouver un autre point d'appui sur la vallée du Loir. Hélas, trois jours de combat autour de Vendôme ne résolvent rien. Le 16, il faut se résigner à faire sauter les ponts pour protéger un nouveau repli. Les instructions du général datées du 15 au soir montrent combien notre secteur va être concerné :

   "Si après une résistance qui devra être poussée aux dernières limites, l'armée devait se mettre en retraite sur Le Mans, elle opérerait de la façon suivante :

   Le 21e corps, après avoir détruit tous les ponts au-dessus de Fréteval, s'engagerait sur les routes qui mènent de Cloyes à Vibraye par Droué, La Fontenelle, Saint-Agil, Souday et Vibraye ; sur celle par La Chapelle-Vicomtesse, et sur celle de Fréteval à Droué par Busloup, Le Rouilly, Épuisay et Sargé.

   Le 17e corps prendrait la direction de Saint-Calais par Saint-Ouen, Espéreuse, Danzé, Épuisay, et par Villiers, Mazangé, Savigny […].

   On arrêterait à la fin de la journée sur la ligne de Montoire, Les Roches, Fortan, Épuisay, Le Temple, Mondoubleau et Saint-Agil [...]. Le lendemain, elle viendrait prendre position derrière la Braye, le 21e corps faisant occuper La Ferté-Bernard".

   Dans son ouvrage de souvenirs, "La Deuxième Armée de la Loire", dont ce passage est extrait, Chanzy a également voulu noter à quel point notre contrée l'avait surpris après la traversée de campagnes ouvertes, des phrases qui constituent un bon témoignage de ce qu'était alors le bocage des environs de Mondoubleau.

   "On entrait dans un pays d'un aspect tout nouveau, partout accidenté, coupé de haies et de talus en terre, qui rendent la marche impossible ailleurs que sur les chemins. Les colonnes s'allongèrent ; des corps, cherchant des passages, s'écartèrent de leur direction... Ce qui eut pour effet de désorganiser un peu plus une armée qui l'était déjà passablement Un grand nombre de mobiles et de soldats de ligne se répandirent par tous les chemins, et bien que la plupart, mal chaussés, eussent les pieds endoloris par la neige et par la marche, ils doublèrent les étapes pour arriver plus vite" [au Mans].