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La "belle Dame" de Fréteval
Apparitions de la Vierge (5 mai-15 août 1873)
Jean-jacques LOISEL

Bonne page 3

Le combat de Fréteval [extraits]


   Le lendemain, 14 [décembre 1870], Fréteval fut au cœur de la mêlée : Dès le matin du 14 décembre, des détachements de la 17e division prussienne se heurtent à nos troupes du 21e corps. L’ennemi, de ce fait, menace Morée et attaque Fréteval. Le général Rousseau, passant par le pont de Saint-Hilaire, gravit les hauteurs de la rive gauche du Loir et réussit à prendre de bonnes dispositions en avant de Morée. Il oblige les Prussiens à reculer.



   Tandis que les combats faisaient rage, l’angoisse et la panique s’emparaient du village. Un officier français apprend du chef de gare qui partait que l’ennemi est signalé, qu’il arrive, que le pays est abandonné de la plupart des habitants pris de panique et que ces derniers conduisent leurs bestiaux dans la forêt de la Gaudinière. [...]
   Le bourg offrait un spectacle de désolation et de mort : Fréteval a souffert. La lutte au corps à corps a fait beaucoup de morts et de blessés des deux côtés. Certaines maisons encore debout sont pleines de cadavres, de blessés agonisants. La fonderie ne fut pas épargnée : Quelques obus s’abattent sur la fonderie. M. Jouanneau qui l’occupait alors avec M. Bruère avait fait réfugier ses enfants près du haut-fourneau. C’était en effet l’organe de l’usine le plus invulnérable à cause de la solidité et de l’épaisseur des parois. La campagne environnante n’était pas plus sûre : Une maison de la Montballière, la maison Bellanger prit feu et fut complètement détruite.
   Ce jour-là, le bataillon des mobiles « Finistère-Morbihan » conquit ses titres de gloire, mais en payant le prix fort : 30 morts, 110 blessés, 1/5e de l’effectif ! Du côté prussien, 5 officiers et 136 soldats étaient hors de combat. [...]



   De fait, dans la nuit, les marins français passèrent à la contre-offensive : Durant toute la nuit, les Français dirigèrent de la gare une fusillade incessante, tantôt faible, tantôt nourrie. Dès que nos patrouilles approchaient, elles étaient accueillies par des coups de feu. Sur les 3 heures du matin, nous reçûmes l’ordre d’évacuer la ville et de nous retirer sur les hauteurs de la rive gauche.
   À Fréteval, les marins semblaient victorieux, mais ils avaient perdu une centaine d’hommes, dont 20 à 25 morts ; les pertes prussiennes s’élevaient à une vingtaine. Mais ce repli était avant tout stratégique et laissait augurer un retour en force sous peu. Les Prussiens eux-mêmes conseillèrent aux habitants de fuir pour se soustraire aux dangers des attaques dont Fréteval serait certainement l’objet le lendemain. Beaucoup de femmes, de vieillards, d’enfants partirent, les Prussiens laissèrent leur convoi traverser leurs lignes et le dirigèrent sur Oucques. [...]
   Dans la journée du 16, Fréteval fut complètement évacué par les troupes françaises. Les craintes des villageois, désormais dépourvus de toute protection, redoublèrent : Le 16 au soir, Fréteval était complètement vide ; les habitants, redoutant les terribles représailles d’un ennemi à qui le pays était désormais ouvert, quittèrent leurs maisons, emportant tout ce qui était transportable. Femmes et enfants furent conduits dans la forêt de la Gaudinière qui leur offrit pendant quelques jours un abri sûr. Ce qui restait de bétail y fut aussi dirigé.



   Deux ans plus tard, le 4 juillet 1873, les deux petites voyantes de Fréteval entendirent la Vierge annoncer de grands malheurs et leur préciser qu’il s’agissait de la guerre : loin de faire travailler leur imagination, ne leur suffisait-il pas de laisser jaillir de leur mémoire proche ces images de cauchemar pour unir la guerre avec le malheur, non avec la gloire ou la liesse des victoires ? L’association étroite des concepts de malheur et de guerre n’a ici rien de surprenant.


Prix de vente public : 26,00 € TTC