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La "belle Dame" de Fréteval
Apparitions de la Vierge (5 mai-15 août 1873)
Jean-jacques LOISEL

Bonne page 4

Contexte politique : progrès des radicaux


   1873 s’annonçait comme une année-clé pour le choix du régime politique de la France. En février, Charles Dufay, fort de sa victoire dans le canton de Blois-ouest, fit son entrée au conseil général. En avril, sur huit élections législatives, sept furent emportées largement par les candidats républicains et le succès de Barodet dans la Seine eut un retentissement considérable. Chez les conservateurs vendômois et dans leur journal, Le Loir, le tocsin sonnait : Ces résultats sont d’autant plus graves que tous ils ont été obtenus au premier tour de scrutin et que, sur presque tous les points, les radicaux l’ont emporté d’un nombre de voix considérable sur les candidats conservateurs. Ces lignes furent publiées le 4 mai, veille de la première apparition de Fréteval.
   On était alors en pleine campagne électorale pour le siège de député de Vendôme, le vote étant fixé au 11 mai. Il s’agissait de remplacer François-Joseph Ducoux, récemment décédé. Trois candidats étaient en lice :
L’ancien procureur de la République Eugène Lesguillon ne partageait évidemment pas cette façon de voir les choses : Il est temps de sortir du provisoire et de l’équivoque ; d’organiser enfin loyalement le régime simple qui convient à notre patrie régénérée, régime de liberté basé sur la justice dans toutes les relations sociales : la République vraie, la République républicaine. Il portait sans ambiguïté les couleurs du radicalisme. À l’initiative de L’Indépendant – qualifié Journal républicain de Loir-et-Cher – un comité s’était constitué dans le but de désigner un candidat pour porter les couleurs du camp républicain et dès le 23 avril à Blois, Lesguillon avait recueilli ses faveurs en s’engageant clairement pour défendre le programme proposé. [...]
Émile Couteau, conseiller général de Selommes, défendait la politique de Thiers et présentait la candidature radicale comme un danger pour la République. Il était un peu le candidat de la dernière minute, ne s’étant manifesté qu’au tout début du mois de mai. [...] 
Alexandre Martinet, maire de Mur, ne pouvait nourrir de grandes espérances, ses couleurs politiques n’étant pas d’une clarté limpide et son rayonnement personnel plutôt limité en Vendômois. [...]
   Ce scrutin était marqué par l’absence d’un candidat royaliste déclaré : le choix proposé aux Vendômois était donc entre deux conceptions de la République. Le verdict fut sans appel : Lesguillon fut élu confortablement, l’emportant même dans le canton de Selommes, fief de son principal adversaire. Dans celui de Morée, Couteau et Martinet étaient laminés : à Fréteval, 178 voix pour le candidat radical, contre 26 réunies sur ses deux adversaires ! Pour L’Univers, qui en faisait un symbole national, l’élection du Vendômois chiffrait à elle seule l’échec de Thiers : Le Loir-et-Cher porte sur le pavois M. Lesguillon, ancien procureur impérial de M. Gambetta, récemment destitué par M. Dufaure. […]
   Ce sont là des coups de poignard bien cruels pour un homme d’État [Thiers] qui, pas plus tard qu’en mars dernier, se trouvait avoir bien mérité de la patrie. Il y a quelque chose de plus cruel encore, que le public ne remarquera peut-être pas assez. M. Thiers et la conservatrice ont eu un candidat, un seul, bien à eux, dans les élections du 11 mai. C’est M. Couteau, homme illustre, mais d’ailleurs inconnu, qui se présentait dans le Loir-et-Cher. M. Couteau, dans les professions de foi, se réclamait avant tout de M. Thiers. Eh bien ! Le croiriez-vous ? Il a recueilli en tout et pour tout 9 957 voix. Tel est le bilan de la conservatrice. 385 000 suffrages ont été exprimés dans les scrutins de dimanche. Pour M. Thiers et la conservatrice, il y en a eu 9 000.



Prix de vente public : 26,00 € TTC