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La "belle Dame" de Fréteval
Apparitions de la Vierge (5 mai-15 août 1873)
Jean-jacques LOISEL

Bonne page 5

Contexte politique : Henri V ?


Comte de Chambord                   Comte de Paris

   La voie royale s’ouvrait à nouveau et nombre de légitimistes étaient impatients de l’emprunter, vers ce quelque chose. Celle-ci se dégagea encore plus au cours de l’été, lorsque les conditions d’une entrevue furent dégagées entre les deux prétendants, les comtes de Paris et de Chambord. Elle eut lieu le 5 août à Frohsdorf, résidence autrichienne du second. Le comte de Paris prononça des paroles décisives : Je viens vous faire une visite qui était depuis longtemps dans mes vœux. Je viens en mon nom et au nom de tous les membres de ma famille, vous présenter nos respectueux hommages, non seulement comme chef de notre maison, mais comme seul représentant du principe monarchique en France. Cette rencontre eut un retentissement considérable en France et dans toute l’Europe. Ainsi donc, alors que les apparitions de Fréteval entraient dans leur ultime décade, un nouveau pas semblait franchi vers une restauration de la royauté au profit d’Henri V ; mais la question du drapeau n’avait pas été soulevée…
   Sur le plan local, la principale figure légitimiste était le duc de Doudeauville. Lors de la campagne pour l’élection cantonale de Morée, à l’automne de 1871, il avait rencontré l’opposition déterminée de l’avoué vendômois Martellière-Bourgogne, partisan de Thiers ; ce dernier avait souligné le caractère politique d’une consultation présentée comme purement locale : La politique, aussi, a sa part légitime dans le choix d’un conseiller, elle sert à le faire apprécier par les électeurs, par l’opinion publique. Si leur choix s’arrête sur un homme dont sa naissance fait un soutien obligé de la royauté de droit divin, le canton tout entier semble inféodé à son parti ; mais si l’élu n’appartient point aux opinions extrêmes, le canton affirme qu’il ne veut pas de révolutions nouvelles […]. Et au cas où les électeurs n’auraient pas bien compris : Soyez bien convaincus que le danger le plus à craindre est dans une Restauration.

Le duc de Doudeauville et son blason

   Dans les premiers jours du mois d’août 1873, le retour d’un roi à la tête de la France ne semblait plus qu’une question de forme, notamment pour la rédaction du journal conservateur et blésois, L’Avenir : Si la majorité de la nation consultée demande Henri V, nous nous inclinerons devant son verdict, mais nous ne reconnaissons qu’au pays le droit de choisir la forme de gouvernement qui lui paraît le plus approprié à ses mœurs, à ses traditions, à ses aspirations.
  Son confrère républicain L’Indépendant prévenait toutefois que cette perspective était loin de susciter un consensus : […] la haine de la monarchie croît chaque jour dans la nation. Depuis que nos campagnes savent qu’il existe quelques personnages qui voudraient leur ramener Henri V, elles sont dans un état d’irritation sourde qui éclaterait comme un volcan le jour où le danger qu’elles redoutent deviendrait imminent.
   Que les monarchistes ne s’y trompent pas, ils jouent en ce moment avec le feu, ils amassent contre eux les colères de nos populations rurales, qui ont contre la légitimité et le drapeau blanc une de ces haines ardentes que rien n’apaise, que rien ne maîtrise […].


Prix de vente public : 26,00 € TTC