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Brévainville
Un village entre Dunois et Vendômois
Gérard MARMION

Bonne page 1

Brévainville-les-deux-églises

L’église Saint-Médard
   À Brévainville se trouvait un prieuré dépendant de l’abbaye bénédictine de Saint-Florentin de Bonneval. Son église était placée sous le patronage de saint Médard. Celui-ci, né vers 456, fut évêque de Noyon et chargé par le roi franc Clotaire Ier (fils de Clovis) d’administrer le diocèse de Tournai. C’est auprès de lui que la reine Radegonde, quittant le palais de Clotaire, vint trouver refuge : elle lui demanda instamment et obtint de revêtir l’habit de diaconesse, point de départ d’une « autre vie » qui allait la conduire à la sainteté ; elle est toujours honorée à la chapelle de l’Écotière (commune de Busloup), non loin de Brévainville. Après sa mort, en 545, ses restes furent transportés à Soissons, là où fut implantée par la suite la grande abbaye Saint-Médard. Son culte se développa dans la seconde moitié du vie siècle et Châteaudun aurait alors possédé une église Saint-Médard en partie troglodytique.


   
   L’édifice comporte une nef du xie siècle qui a conservé au sommet de chacun de ses murs latéraux, deux fenêtres étroites et profondément ébrasées (élargies progressivement) ; leur arc en plein cintre est taillé dans un seul bloc de pierre.
   À partir de 1945, l’urgence des travaux était invariablement évoquée dans les séances municipales, certaines parties de l’édifice ayant été étayées par sécurité. On envisageait aussi la reconstruction de la sacristie. Ce projet, très onéreux, était discuté dans des réunions parfois animées. C’est alors que Marcel Eymieu, propriétaire du Chalet du bois de Saint-Claude, fit savoir qu’il connaissait un architecte de Paris qui pourrait donner des conseils et éventuellement conduire les travaux. L’architecte en question, M. Marganne, après une visite des lieux, pensa qu’il pouvait s’agir (sans certitude) des fondations de la bâtisse ce qui allait entraîner des dépenses considérables. Son diagnostic montrait clairement la gravité de la situation :
   "Angle nord-est : la maçonnerie est déséquilibrée ; plusieurs pierres sont éclatées dans le soubassement. La charpente est brisée en certains endroits, entre autres, au faîtage et le couvreur, dans son dernier travail, l’a consolidée.
   À mon avis, le gros œuvre de l’église a subi, il y a peu de temps, des secousses importantes, peut-être au moment des explosions de Châteaudun et du bombardement du pont de chemin de fer. La déflagration a soulevé la toiture de tuile qui, retombant brusquement, cassa une partie de la charpente. Cette charpente désarticulée, d’un système ancien, pousse sur les murs. Le mur de la sacristie est tombé l’année dernière, il n’a pu supporter cette poussée" [...].


L’église de Saint-Claude-Froidmentel
   À 2 km 700, sur la rive opposée du Loir, cette église dépendait de l’abbaye Saint-Lomer de Blois. Elle s’élève au sommet du coteau de la rive gauche du Loir, tout près des ruines, peu apparentes, de l’ancien château de Frémentel. Gervais Launay décrit ainsi les environs de l’église : À quelques mètres du pignon emplacement quadrangulaire de 30 mètres environ de côté, couvert de fondations. Une portion de tour s’élève à 4 ou 5 mètres de hauteur et semble relier à un mur épais longeant à 3 mètres environ le mur nord de l’église et enfermant l’église dans son enceinte, le mur se prolonge sur la côte à l’ouest et allait probablement rejoindre à 200 mètres de là un reste de donjon percé de meurtrières. [...]

   L’emplacement de l’église et de ce vieux château est des plus pittoresques. Le Loir coulait à ses pieds. Fontaine à l’est et dans une coupure du coteau. Pèlerinage autrefois très suivi.

   "Claudius" (saint Claude), le patron de cette église était au viie siècle archevêque de Besançon et confesseur. Il était fils du gouverneur de la province, né vers l’an 607 près Salins, dans le Jura. Il porta les armes jusqu’à l’âge de 20 ans, puis entra dans les ordres sacrés. Il devint abbé de Saint-Oyant de Condat en 644, à l’âge de 37 ans, puis archevêque de Besançon en 685. Il avait alors 78 ans. Il se retira en 693 dans le monastère de Saint-Oyant dont il avait conservé la direction. Il mourut en 699, à l’âge de 93 ans. C’est le patron du diocèse de Saint-Claude dans le Jura, mais aussi des ébénistes de cette région dont l’art est né à l’ombre de son sanctuaire. On lui donne comme attributs un enfant, parce qu’il les aimait, et un sifflet, instrument des ébénistes anciens. Saint Claude est honoré dans presque tous les diocèses de France et nombre de villages portent son nom.
   Mme Viron rencontra Paul Dujardin, responsable de l’association « Résurgence » de Vendôme, qui proposa d’entreprendre bénévolement la restauration des vitraux. Au sein du groupe se trouvait un maître verrier, compagnon du Tour de France, Patrice Ouzille, entouré d’une douzaine de personnes de professions et d’âges différents, tous animés d’une même passion : l’art du vitrail. Ils effectuèrent de longues journées de travail tout en apprenant en même temps les techniques de ce passionnant métier d’art. 
   Étant donné l’importance des travaux, ils furent exécutés en plusieurs tranches ; la première consista à la réalisation des vitraux sous l’abside ; en seconde partie, ce fut le tour de ceux de gauche et de droite dans l’église et enfin de celui en ogive réalisé en six panneaux, il mesure 2m 20 de hauteur pour une largeur d’1m 30 à la base. Un verre d’une belle transparence permet à l’édifice d’être baigné d’une clarté très appréciable.
   Dernièrement, la petite église de Saint-Claude à Brévainville s’est enrichie de quatre nouveaux vitraux, derrière le retable. Cette œuvre de restauration a nécessité quatre mois de travail assidu. C’est encore « Résurgence en Vendômois » qui a réalisé ce beau travail. Cette association, qui a commencé par la restauration de petites chapelles, a eu l’opportunité d’ouvrir sous la direction de son vice-président une école de vitrail voilà cinq ans déjà. Depuis s’enchaînent les restaurations pour une équipe de douze personnes.


Prix de vente public : 23,00 € TTC