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Brévainville
Un village entre Dunois et Vendômois
Gérard MARMION

Bonne page 2

Les Prussiens arrivent !



   [...]  La Beauce fut dramatiquement concernée dès la mi-octobre par la prise de Châteaudun. Depuis la fin de septembre, les francs-tireurs de Paris et leur chef, de Lipowski, étaient installés dans la ville et avaient aidé la garde nationale sédentaire à dresser des barricades pour contrer une attaque de l’ennemi. Le 8 octobre, les francs-tireurs réussirent un coup de main spectaculaire sur un cantonnement à Ablis, mettant un certain nombre d’ennemis hors de combat, faisant 69 prisonniers et capturant 89 chevaux. Les troupes bavaroises se lancèrent à la recherche du corps franc et se présentèrent devant Châteaudun le 18 octobre : après une résistance acharnée derrière les barricades, puis rue par rue, la ville tomba aux mains des Bavarois. Les représailles furent à la mesure de la fureur des assaillants : un quartier totalement pillé et incendié ; plus de cinquante habitants morts, brûlés, asphyxiés ou tués à l’arme blanche. L’abbé Blanchard, qui se trouvait alors à Morée, a écrit : C’était le 18 octobre. Une lueur grandissait au loin, dans la direction de Châteaudun. L’héroïque petite cité flambait, incendiée par l’ennemi qui se vengeait d’avoir perdu des forces considérables devant une ville sans remparts. De Vendôme même, le drame était visible, d’après Gustave Chanteaud : Le soir l’horizon s’embrase de lueurs sinistres dont les reflets éclairent la tour de Poitiers, c’est l’héroïque ville de Châteaudun qui est en flammes. 

   Dans cette nuit du 18 octobre, les villageois de Brévainville et des environs pouvaient donc voir le ciel rougeoyant du côté de Châteaudun et se poser la question : qu’arrivera-t-il demain pour nous ?... Le sort terrible de la petite capitale dunoise eut incontestablement un effet terrifiant sur toute la région.
[...]  

   Le 14 au matin, les canons prussiens tonnaient depuis la route de Binas : leur cible était Morée ; bien que proche, le territoire de Brévainville apparaissait comme une zone de calme : Dès le matin du 14, une cinquantaine de Moréens se sont réfugiés dans la vaste et solide cave de la Tuilerie. D’autres se seraient mis à l’abri dans les caves « Saint-Martin », arrière-cours de la charcuterie Savoir et de la boulangerie de Morée, la plupart serait allée se réfugier dans les bois de Saint-Claude à la lisière de Brévainville. 


  
Combat de Morée

   Le lendemain, tandis que la bataille faisait rage autour du pont et de la gare de Fréteval, une division de cavalerie prussienne s’installa à Moisy, pour prendre le contrôle de la route reliant ce village à Châteaudun. Les fermes situées dans la partie orientale de la commune de Brévainville étaient à portée de fusil des troupes allemandes. La preuve du danger fut vite administrée : Le matin du 16, règne un fort brouillard, puis un temps couvert. Le général Rousseau se dit ne pas être inquiété sur son aile gauche, pourtant une reconnaissance prussienne (lieutenant von Natzmer), sur le pont de Saint-Jean, par Brévainville, doit être refoulée par les mobiles du général Gougeard. Vers 10h 30, il décide d’enlever le bourg de Morée. Après un vif affrontement, les Français durent finalement battre en retraite et repasser sur la rive droite du Loir. Désormais, le canton de Morée était pratiquement sous occupation allemande et, une fois encore des années de galère s’annonçaient pour les populations les plus fragiles socialement.


Prix de vente public : 23,00 € TTC