Le livre, la culture, l'histoire
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Brévainville
Un village entre Dunois et Vendômois
Gérard MARMION

Bonne page 3

Le comice agricole de 1869

   Dans son édition du 26 septembre 1869, le journal Le Loir publiait le rapport du marquis de Nadaillac, propriétaire du château et de la verrerie de Rougemont, maire de Saint-Jean-Froidmentel, agissant en tant que président de la section « Beauce » du comice agricole. Il commençait par quelques considérations générales : […] "Les progrès de l’agriculture sont donc les vrais progrès d’un pays, et l’augmentation de sa puissance productive le signe le plus certain de la prospérité nationale. Ces progrès s’obtiennent par la lutte, par la lutte incessante de chaque jour. L’agriculture, comme l’industrie, est soumise à cette grande loi de nos sociétés modernes, et ce n’est pas aux habiles cultivateurs de la Beauce que j’ai besoin de dire que le succès est à ce prix seul, qu’il n’appartiendra jamais aux retardataires, à ceux qui croient pouvoir faire aujourd’hui uniquement ce que faisaient leurs pères". 



La belle ferme de Saunay

 
Puis il en venait aux exploitations remarquées par la commission : […] "M. Ripault, notaire à Cloyes, a repris, en 1865, la ferme des Anglachères, commune de Brévainville, qui appartenait depuis longtemps à sa famille, mais qui avait été minée par l’incurie et la mauvaise direction du fermier qui l’exploitait. Aucun soin, aucune dépense n’ont été épargnés pour rétablir les terres : les cultures profondes allant parfois jusqu’à 40 centimètres, enlèvement des blocs erratiques qu’on trouve en si grand nombre dans nos campagnes, réparation des chemins d’exploitation, très-défectueux, emploi des amendements et des engrais les mieux appropriés aux terrains". Le propriétaire avait d’ailleurs remis à la commission une note détaillant les produits et les quantités : "il a été employé cette année 190 hect. de poudre de chaux, 500 kg de corne, 55 hect. de suie, 70 hect. de cendre de bois, 80 hect. de plâtre et 8 000 kg de guano. La ferme a une contenance de 67 ha".


La ferme des Englachères

   L’appréciation finale était des plus favorables : "La commission a constaté les excellents résultats obtenus et ceux de ses membres qui avaient vu autrefois ces terres appauvries et condamnées à la stérilité, étaient heureux de les voir couvertes de belles récoltes, honneur et légitime récompense du cultivateur. Les bâtiments, reconstruits après un incendie, sont excellents. Parmi les animaux, encore en trop petit nombre, nous devons une mention spéciale à deux vaches cotentines.
   M. Ripault a décliné toute prime en argent ; votre commission désire constater l’exemple qu’il a donné à ses voisins et l’exemple que son succès exerce sur eux, et vous propose à l’unanimité de lui accorder une médaille en vermeil". Proposition qui fut, bien sûr, acceptée.

   Une autre exploitation eut droit aux honneurs dans la catégorie « grande culture » : "La ferme d’Herbouville, commune de Brévainville, est située à l’extrémité de notre département. M. Esnault-Allard exploite en même temps des terres dont il est propriétaire ; l’ensemble s’élève à près de 54 hectares. Les terres sont de qualité médiocre ; l’humus est peu profond, le sous-sol argilo-calcaire retient facilement l’eau. Nulle part cependant, dans ses visites, la commission n’a trouvé des récoltes comparables à celles de M. Esnault. Les blés (Noé très-pur) promettaient 30 hectolitres au minimum à l’hectare, les avoines bien plus encore. C’est pour récompenser cette réussite exceptionnelle, le travail intelligent qui l’a amenée, que la commission vous propose de décerner à M. Esnault la troisième prime. Nous devons ajouter que ce cultivateur, sortant à la Toussaint prochaine, a mis toutes ses prairies en culture ; que les bâtiments sont défectueux, et que les animaux (chevaux, vaches et moutons) n’offrent rien à signaler". Si, tout de même puisque ce paysan obtint aussi le troisième prix pour le concours des brebis ; quant à la "troisième prime", elle consistait en une somme de 100 F, "y compris la médaille d’argent"…

La ferme d'Herbouville

   Il existait aussi un concours pour la « petite culture », qui n’attirait guère cette année-là : "Nous aurions voulu de nombreux concurrents pour la petite culture, et c’est avec regret que nous constatons qu’un seul s’est présenté pour obtenir ces primes si intéressantes, le sieur Isidore Blanchelande, de la commune de Brévainville, qui exploite depuis huit ans cinq hectares de terre environ, dont il est propriétaire. La commission a constaté avec plaisir combien sa maison, son jardin, ses vignes étaient tenus avec ordre et propreté. Les blés étaient assez bons, les orges et les avoines excellentes. Trois vaches et un cochon trouvent de quoi vivre sur cette exploitation, et donnent comme têtes de bétail par hectare une proportion évidemment supérieure à celles d’exploitations plus considérables. Tous les champs sont marnés, tous les déchets utilisés avec intelligence. La commission vous propose donc d’accorder à Isidore Blanchelande, à titre d’encouragement, une somme de 50 F". Comme Esnault-Allard, il se vit offrir en outre dix abonnements à la "Gazette des campagnes".


Prix de vente public : 23,00 € TTC