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Brévainville
Un village entre Dunois et Vendômois
Gérard MARMION

Bonne page 4


Les années d’occupation

 


Fausse carte d'identité faite à Brévainville

   À Brévainville comme dans toutes les communes de la France occupée, les privations, restrictions et réquisitions se multiplièrent au cours de ces interminables années d’occupation ! À la mairie, le secrétaire, Pierre Gasnier, ne chômait pas : il lui fallait assurer la distribution des tickets de rationnement d’une bonne partie des denrées alimentaires, à commencer par le pain. La liste des produits contingentés est impressionnante, il serait trop long de tous les énumérer, mais on peut tout de même citer : le carburant, le charbon, les pneumatiques, les chaussures... Par exemple, la chaudière du nouveau groupe scolaire ne pouvait être alimentée en mazout ; heureusement, les poêles à bois de l’ancienne école avaient été conservés et ils furent réinstallés dans les classes. Des ordres de réquisitions de toutes sortes arrivaient en mairie. Cette fois c’était un chargement de céréales, notamment d’avoine, qui devait être collecté ; pour ce faire, les agriculteurs furent réunis devant deux soldats allemands et le maire, considéré comme responsable (contre son gré). Au moment où se discutait la répartition demandée, un ancien se leva et prit la parole ; il n’avait pas froid aux yeux et, avec son accent du terroir, il protesta : "
J’suis point d’accord avec vout’ ramassage d’aouène, faut tout d’ même ben qu’ mon cochon i’ mange, i’ passe ben sûr avant vous !" 
   Cette réflexion en présence des deux Allemands jeta trouble et crainte dans l’assistance ; l’un d’eux, qui comprenait parfaitement le français (mieux qu’il ne le parlait), un sourire jusqu’aux oreilles, rétorqua au grand-père que de son cochon il s’en foutait et que seul le chargement de grain l’intéressait : ouf ! On avait eu chaud. Ce n’était pas l’habitude de trouver des occupants aussi compréhensifs !… Cette anecdote, vieille de soixante-dix ans, est encore souvent racontée dans le village, lorsque les anciens évoquent ces sombres années. [...]

 
Le STO vu par la propagande allemande


   Pour les jeunes Brévainvillois, à part les réjouissances que leur procuraient chaque année les festivités de bienfaisance qu’ils organisaient, ils n’avaient guère le plaisir de se rencontrer, si ce n’est lors des longues veillées d’hiver qui réunissaient voisins et amis, auxquelles la jeunesse était souvent conviée. Après la dégustation de crêpes et de châtaignes, la soirée se terminait immanquablement par des pas de danse, au son de l’accordéon du copain Robert toujours invité. J’ai eu le plaisir de faire connaissance avec cet homme rieur et modeste. Autour de lui se trouvait une bonne partie de ses amis qui, à part quelques rides, n’avaient rien perdu des joyeux souvenirs de leur jeunesse. Ils s’empressèrent de raconter – un peu tous en même temps – leurs soirées dans les bals clandestins, de la fin de l’année 1943 et du début 1944. Ceux-ci étaient organisés en des endroits différents et dans des locaux des plus variés ; la pièce n’avait pas de parquet ciré, mais le plus souvent un sol de terre battue ou des pavés. Les lieux choisis se trouvaient généralement loin des grands axes de circulation, afin de ne pas être surpris par d’éventuelles patrouilles allemandes, car un couvre-feu rigoureux était institué ; parmi les fermes ou hameaux qui rassemblaient les jeunes danseurs, on cite : les Englachères, dans une bergerie ; Herbouville-la-Bredache, dans un grenier ; mais le lieu qui semble avoir le plus marqué les mémoires se situait légèrement hors commune, à la Corbonnière, en lisière du bois de Saint-Claude, non loin du Petit-Vernouillet. Ce bal avait été baptisé par Guy Fleury et ses amis, les joyeux drilles de Brévainville, le bal de « Carcahu »
[...]


Groupe de théâtre de Brévainville pendant la guerre



Prix de vente public : 23,00 € TTC