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Brévainville
Un village entre Dunois et Vendômois
Gérard MARMION

Bonne page 6

Artisans de la Belle Époque

   Le maréchal-ferrant
  Que de fois avons-nous entendu le populaire Jacques Dutronc égrener sa chanson : "Il est cinq heures, Paris s’éveille"… Il aurait pu ajouter « à Brévainville, c’est pareil ». À cette heure matinale le maréchal-ferrant, qui avait la réputation d’un « lève-tôt », faisait déjà résonner son enclume. M. Galliot était en quelque sorte le réveil-matin des habitants du bourg. Il transmit d’ailleurs cette habitude à ses successeurs, la famille Beslay, Jean puis Pierre, et ceci pendant près d’un siècle !...

   Le tout début de matinée, nos artisans le consacraient surtout à quelques réparations ou « bricolages » et à préparer la longue journée de travail à venir. Cependant, une petite heure était réservée au casse-croute avec les employés : sur la table rustique, un copieux petit déjeuner les attendait. Bien restaurés, vers sept heures, l’un des premiers charretiers arrivait avec son cheval, un bon vieux percheron répondant au nom pompeux de Marquis. Le maréchal, après avoir ajusté son long tablier de cuir, commençait par caresser le bon cheval sur l’encolure. Il demandait au charretier de soulever un à un les pieds de Marquis afin d’examiner avec minutie l’état de ses sabots et constatait que, les quatre fers étant usés, ils devaient être déposés. C’est alors que le métier du maréchal prenait toute sa dimension : il s’agissait pour lui de tailler et d’égaliser la corne du sabot afin d’ajuster parfaitement le fer, travaillé à chaud sur l’enclume. Ce travail de précision était remarquable, un véritable art ! Pendant ce temps, l’apprenti, par gestes saccadés, tirait la chaînette du soufflet de la forge (nous n’étions pas encore au temps des moteurs électriques).
On comptait alors environ 120 chevaux de trait dans les exploitations brévainvilloises et si l’on y ajoute les clients venus de l’extérieur, le maréchal-forgeron n’était pas guetté par le chômage !

   L’atelier de charronnage
  Pendant des décennies un atelier de charronnage était ouvert au bourg de Brévainville. Il était exploité au tout début du siècle dernier par M. Robillard et ensuite par M. Bellanger, son successeur. Les bois qu’utilisaient ces artisans provenaient le plus souvent de la forêt de Marchenoir toute proche ; on y trouvait en effet des arbres de toutes essences dont le chêne, le charme, l’acacia ou le sapin. Le peuplier fréquemment employé était prélevé surtout en bordure de Loir. Les scieries n’apparurent que peu avant 1900, aussi trouvait-on encore de nombreux scieurs de long, métier ô combien pénible ! Ils débitaient les troncs en plateaux qui devaient être entreposés pour leur séchage pendant plusieurs années. 


L'atelier de charronnage

   Le bois enfin arrivé à l’atelier, il fallait des heures de travail à l’artisan pour la « simple » fabrication d’une roue de brouette en bois. Tout commençait par un traçage précis des tenons et mortaises, à l’aide du trusquin et de l’équerre pour obtenir un emboîtage parfait des multiples pièces qui constituaient cette roue, avant l’ajustage du cerclage, travail tout aussi délicat : en fait, une véritable œuvre d’art.
   Pour l’ajustage des cercles de fer sur les roues d’un diamètre plus important, comme celles des gerbières, tombereaux et autres carrioles, le charron faisait appel au maréchal du village car c’était lui qui forgeait les fers en question. Cette finition était communément appelée dans notre région le "chatrage" des roues. Pour cet "ajustage" – le mot n’est pas exagéré – le charron faisait appel à quelques « costauds » du village. L’artisan, après avoir préalablement déposé le cercle de fer sur des cales, disposait sous celui-ci des vrillons et bûchettes pour former un mini-bûcher qui, une fois enflammé, allait provoquer la dilatation du cercle. C’est alors qu’intervenaient les ouvriers munis de longues pinces, ils transportaient le fer rouge et l’ajustaient autour de la jante en bois. Un rapide refroidissement était nécessaire, des seaux d’eau avaient d’ailleurs été disposés tout près.


Prix de vente public : 23,00 € TTC