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Lieux ronsardiens
Jean-Jacques LOISEL

Bonne page 9

Saint-Guingalois de Château-du-loir

   Sous le nom de Guingalois se dissimule le saint breton Guénolé, à qui la tradition attribue la fondation du monastère de Landevenec au Ve siècle. Au IXe siècle, dans la crainte des dévastations normandes, des clercs vinrent mettre ses reliques à l’abri de la citadelle du Mans, puis elles furent transférées à Château-du-Loir. Un prieuré fut créé sous le patronage du saint.



   L’église Saint-Guingalois possède une crypte du XIIe siècle qui en constitue la partie la plus ancienne. Le chœur gothique est d’une belle élévation. Quant au décor, chaque siècle a tenu à y laisser sa marque : statue médiévale de la Vierge à l’enfant ; « Nativité », peinture sur bois de la Renaissance ; autel majeur et Pietà de facture classique ; vitraux du XIXe siècle…

            Mais quand je suis aux lieux où il faut faire voir

          D’un cœur dévotieux l’office et le devoir,

          Lors je suis de l’Église une colonne ferme,

          D’un surpelis ondé les épaules je m’arme,

          D’une haumusse le bras, d’une chape le dos,

                 […]

            Je ne perds un moment des prières divines

          Dès la pointe du jour je m’en vais à matines,

          J’ai mon bréviaire au poing, je chante quelquefois

          Mais c’est bien rarement, car j’ai mauvaise voix.

   Ronsard prit pied à Château-du-Loir en 1560, en devenant titulaire de l’archidiaconé où il succéda à son ami Joachim du Bellay, récemment décédé. Il ne le garda que trois ans et visa un bénéfice plus important, le prieuré Saint-Guingalois. L’acte de nomination du 16 décembre 1569 le remplit d’aise… Pour peu de temps car un autre personnage émit des prétentions sérieuses sur le même lieu. On discuta, on disputa, on négocia et Ronsard, dans son désir d’obtenir Saint-Guingalois, alla même jusqu’à céder son prieuré de Croixval. Après deux années de péripéties et certainement grâce à des appuis haut placés, Ronsard réussit à récupérer définitivement les deux bénéfices (1571). Contrairement à Croixval, il ne semble pas que le poète soit venu séjourner à Château-du-Loir, ce qui n’empêchait pas de toucher les revenus…



Prix de vente public : 10,00 € TTC