Le livre, la culture, l'histoire
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Moisy, un village de Petite Beauce
Les mémoires du retable
Etienne BEAUDOUX

Ce qu'ils en pensent

 

Préface de Bernard Diry
président de la Société
archéologique du Vendômois


   Voici un ouvrage à plus d’un titre surprenant et, très vite, on comprend en le parcourant qu’il n’est pas une simple monographie de plus dans la liste déjà longue des « Histoire de mon village ». 
   Dès les premières lignes le lecteur se laisse envahir par une ambiance calme et chaleureuse qu’un style enjoué soutient avec bonheur. Mais au fil des pages, un sentiment indéfinissable vous envahit comme si le récit dissimulait quelque mystère. On comprend alors que tout le mystère est lié au narrateur dont on ne va découvrir que peu à peu la vraie identité, comme dans un bon roman policier où l’énigme ne sera révélée qu’à celui qui a su attendre. C’est une des forces de ce livre ; loin des sentiers battus il sait parfaitement capter l’attention de son lecteur.
   Au fil des pages l’auteur va dévoiler progressivement sa vraie identité, du moins celle qu’on veut bien nous donner, et elle est des plus inattendues puisqu’il s’agit d’un retable du XVIIIe siècle, celui-là même de l’église de Moisy, classé en 1979 monument historique, qui a choisi, à travers cet artifice littéraire, de nous conter en quelques trois cents pages l’histoire de son village dont il est si fier et pour lequel il a gardé une grande tendresse.
   Une pièce d’or gauloise, retrouvée au XIXe siècle, lui donne l’occasion de rappeler l’ancienneté de l’occupation humaine du lieu et tout ce qui, à ses yeux, mérite d’être consigné dans ce récit.
   Mais je ne sais comment m’adresser à un retable, objet si fortement marqué par le sacré qu’il incarne. Les protocoles religieux les plus pointus restent muets à ce sujet. Pourtant j’aurais aimé lui dire que cette pièce d’or a connu un destin fabuleux en devenant, par la grâce des numismates, une référence en ce domaine sous l’appellation de « type de Moisy » et en donnant ainsi naissance à une nouvelle série de statères armoricains…
   C’est un excellent début et les pages qui suivent ne font que confirmer notre impression première. La visite de la sacristie sert de prétexte pour plonger le lecteur, par le biais de l’inscription mystérieuse d’une « croix angélique », au sein d’un développement digne du « da Vinci Code ».
   Et c’est avec une même verve et une même passion que ce bien singulier retable nous fait revivre les grandes heures de son village, croisant avec bonheur Histoire et histoires et même miracles.
   De plus, ce vénérable décor s’avère être aussi un bon pédagogue, sachant apporter plus d'information là où il y a nécessité. Par exemple, il ne se contente pas de rappeler que, selon les cérémonies, les couleurs des ornements peuvent varier, il en explique aussi les raisons.
   Ce narrateur disert prend également un plaisir bien réel à n’oublier aucun aspect de son village, dissertant aussi bien sur le politique que sur l’économique.
   Le livre se termine par des annexes bien choisies qui permettent de poursuivre, à sa guise, les chemins commencés ensemble.
   Un livre atypique certes, mais plaisant et de grande qualité, sachant subtilement mélanger réalisme et fantastique pour raconter avec talent, l’histoire de ce « pays entre Dunois et Vendômois ».



   

Préface de Jean-Pierre Legrand
président de la Société Dunoise


   Chaque village est unique, son identité s’est établie au fil des siècles ; chaque commune a une âme créée, modelée par son histoire, par ses habitants et par ses traditions.
  
   Moisy fut une paroisse du Pays Dunois historique, divisé pendant la Révolution par la création des départements, mais ce passé est toujours là et permet des liens très forts entre nos diverses communes.
   La démarche d’Étienne Beaudoux est originale en « donnant la parole » à un témoin muet des événements : le retable de l’église paroissiale.
   L’auteur a réalisé un travail de chercheur pour rassembler de nombreuses sources, en consultant des archives diverses, des publications, de l’iconographie. Il n’a pas oublié de faire appel à la mémoire des anciens et de mettre par écrit leurs témoignages qu’il faut se hâter de conserver. Avec cet ouvrage, il participe à la grande œuvre de la réalisation des monographies historiques de nos villages et villes de France.
   Ce travail est un formidable recueil de données historiques et de faits qui nous permettent de comprendre l’évolution de Moisy et de ses habitants.
   Étienne Beaudoux, très attaché à ses racines, a consacré du temps de sa retraite pour ce travail méthodique et de grande qualité, reflet d’un chercheur passionné. Nous pouvons le qualifier d’« historien amoureux de ses racines régionales ».



Compte rendu dans la revue POUR 
[n° 220, décembre 2013]


   Voilà un travail de longue haleine ayant abouti à un résultat remarquable. On sait la difficulté de réaliser des ouvrages centrés sur l'histoire locale, ses acteurs, ses mentalités et sa "civilisation matérielle". La difficulté est d'autant plus grande qu'aujourd'hui on ne parle plus de sociétés rurales mais plutôt d'espaces et de territoires. Le fait rural n'en demeure pas moins, avec des racines profondes  et des acteurs ruraux pouvant être très actifs. [...]
   L'auteur, Étienne Beaudoux, a déployé toutes les possibilités de l'enquête et de la recherche historiques. Mobilisant témoignages et mémoire orale, dépouillement (considérable) d'archives et documents de toute nature, scrutant les inscriptions (monuments, tombes et tombeaux, monuments aux morts...). [...]
   L'auteur est très malin : il s'est déguisé en retable, le tableau, sous forme de triptyque décoré, qui surplombe la table de l'autel de l'église de Moisy. Ce retable date du XVIIIe siècle et a été classé monument historique en 1979. L'auteur a contribué à le faire magnifiquement restaurer. [...]



   Cet ouvrage emprunte autant à l'histoire qu'à la sociologie.
   — À l'histoire, car on revisite, d'un point de vue local, la guerre de 1870 et les deux guerres mondiales, la séparation entre l'Église et l'État... À l'histoire aussi, pour le passage en revue de la lignée des curés et chanoines, ou encore de celle des instituteurs et institutrices... À l'histoire encore pour les pages évoquant la naissance locale des organisations professionnelles agricoles
[...] d'autant plus intéressante que la région a vu émerger certaines des premières organisations agricoles reconnues. [...]
   — À la sociologie (à la connaissance de la société) par la description des rôles distribués au sein de la société locale, d'abord en rapport avec l'église (marguilliers/"gagers", bedeau, chaisière, organiste, choristes, enfants de choeur, croque-mort...). À la sociologie encore par le passage en revue des notables locaux : les maires, les notaires, les "maît' de ferme endimanchés" ; ceux que l'auteur nomme les "sans grades" qui constituaient le petit peuple des travailleurs de Moisy, domestiques et commis de ferme, aloquiers (petits garçons de ferme) ; les charretiers de divers rangs ; les bergers ; les "gars de la batterie" [...] ; les journaliers, les tâcherons. Sans compter les artisans [...].



   Travailler sur l'histoire locale ne signifie aucunement cultiver une quelconque nostalgie ou un pseudo-folklorisme "localiste". Bien au contraire, il s'agit de contribuer à la transmission de l'histoire et de la mémoire. Cet ouvrage rend en effet intelligent non seulement sur cette histoire locale, mais aussi sur des pans d'une histoire collective beaucoup plus large. En témoigne par exemple une explication très pédagogique de la querelle du jansénisme, courant austère du catholicisme dont les thèses furent défendues par Blaise Pascal. Un livre riche, très documenté, qui aide à penser et à approfondir le jugement de tous sur les périodes évoquées.
[...]
   La méthode, les démarches à l'origine de ce livre mériteraient d'être consignées dans un petit écrit qui expliquerait comment l'auteur (le vrai, pas le retable) s'y est pris : bref, de formuler ce qu'on appelle aujourd'hui le "making of" de ce travail afin d'expliquer comment on peut s'y prendre. C'est un modeste vœu en faveur de la transmission. Un grand merci à l'auteur. 
Serge Cordellier

 



Prix de vente public : 24,00 € TTC