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Moisy, un village de Petite Beauce
Les mémoires du retable
Etienne BEAUDOUX

Bonne page 2. Le "miracle" janséniste

La "miraculée de Moisy"

   En 1737, une habitante de Moisy, Louise Trémasse, née à Semerville en 1706, veuve de Jean Mercier, paralysée excepté le cœur, la langue et une partie du visage et grabataire depuis 1733, retrouva l’usage de ses membres. C’est le miracle de Moisy !
   Les témoignages d’époque fourmillent de détails plus réalistes les uns que les autres sur l’état de cette pauvre femme avant le miracle : Au milieu de septembre 1736, il n’y avait plus que le côté gauche de la tête et du cou qui gardait quelque sensibilité. Le reste du corps se trouvait dans un état d’anesthésie si totale qu’une épingle enfoncée dans les chairs laissait la malade insensible.
   Avec cela, fièvre presque continuelle, l’œil droit révulsé et caché sous l’os frontal, les deux jambes dures comme du bois…



   C’est après l’imposition de reliques d’un certain diacre Pâris de la paroisse Saint Médard à Paris que la malade fut guérie. Et aux dires des témoins, Louise Trémasse retrouva progressivement l’usage de ses membres et même aussi de nouvelles dents !
   Miracle ! Depuis la résurrection de Lazare, Dieu n’en avait pas fait de plus grand. C’était un signe du pouvoir du diacre Paris, très imploré par les jansénistes (dont le curé de Semerville, maître d’œuvre de la mobilisation : Louis Sainson), mais, le curé de Moisy à l’époque (Michel Malherbe) était moins fervent janséniste que son confrère de Semerville.
   Aussi quand les jansénistes firent connaître le « miracle » de Moisy, il s’en suivit une controverse
1 entre l’évêque de Blois et un groupe mobilisé à l’initiative du curé de Semerville.  [...]
   La suite de l’histoire est assez rocambolesque, faite de tentatives de retour de Louise Trémasse à Moisy et marquée en définitive par l’évasion de l’hôpital de Blois (peut-être autorisée par Mgr de Crussol pour se débarrasser de cette miraculée encombrante).
   La miraculée de Moisy a vraisemblablement terminé ses jours à Paris et serait enterrée dans le grand cimetière de la paroisse Saint-Étienne du Mont, aujourd’hui transformé en square.


Prix de vente public : 24,00 € TTC