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Gervais Launay. Journal d'un Vendômois
(août 1870 - décembre 1871)
Gervais LAUNAY

Un ouvrage qui intéresse tout le Vendômois

Le désir de normalité

   Une des constantes les plus remarquables de la personnalité de Gervais Launay est sa capacité à décliner tout ce qui pourrait ressembler à des honneurs. La liste des exemples est pour le moins impressionnante :

— En 1848, il n’accepta la présidence du club des ouvriers de Vendôme qu’à titre provisoire, à un moment où un tel poste était d’ailleurs tout sauf une sinécure.

En 1862, il aurait très bien pu être le premier président de la Société archéologique du Vendômois, d’autant plus que, deux décennies plus tôt, il avait déjà pris semblable initiative. Il assuma le secrétariat et n’accepta cette présidence qu’en 1868, pour une année.

Sous le Second Empire, il refusa le poste d’adjoint que lui offrit le maire Édouard Martellière. En mai 1871, il en alla de même pour Auguste Moisson, formulant semblable demande. Dans les deux cas, il ne s’agit nullement de dissentiments politiques ou personnels, car Launay entretenait d’excellentes relations avec les deux hommes.

Personne n’aurait trouvé à redire, bien au contraire, s’il avait été porté à la présidence de la Société de secours mutuels des ouvriers de Vendôme. Il en allait de même pour le bureau de bienfaisance de la ville.

Lorsqu’à la suite des perturbations politiques consécutives à la chute de Thiers, Charles Chautard – l’ami républicain – démissionna du poste de maire en juillet 1873, Gervais Launay accepta d’assumer cette lourde responsabilité, tout en refusant avec fermeté sa nomination officielle.

   Un examen superficiel pourrait inciter à penser que le professeur de dessin ne tenait pas à prendre trop de responsabilités. C’est toute la vertu de ces quinze petits carnets que de démontrer que la somme des dévouements déployés par Launay dans toutes ces institutions et associations est allée au-delà de ce qu’impliquait un quelconque titre officiel : en 1870-1871, comme des décennies durant, il assuma toutes les contraintes de sa fonction d’inspecteur de la Société de secours mutuels, nettement plus lourdes au quotidien que celles d’une présidence. Pendant la même période, le marquis de Nadaillac, président de la Société archéologique du Vendômois, ne put avoir qu’une présence épisodique (d’autant plus qu’il fut nommé préfet des Basses-Pyrénées) : Launay assuma la continuité. Sous l’occupation prussienne, notamment quand le maire fut incarcéré, il fut quotidiennement sur la brèche pour désamorcer les tensions, nourrir la population locale, les prisonniers français, les troupes occupantes.

   Dans toutes ces activités, il y avait du Cincinnatus chez Gervais Launay : là où il estimait devoir et pouvoir rendre service, il abandonnait provisoirement crayons et plumes pour déployer son énergie scrupuleuse sans se préoccuper du titre suprême, maire ou président. Mais à la différence de Cincinnatus, il poursuivit ce travail obscur pendant des décennies : l’estime de la plupart de ses concitoyens lui tint lieu de décoration ; tout cela avec une telle modestie qu’on oublia de lui épingler la croix de chevalier de la Légion d’honneur qu’il vit sur la poitrine de certains de ses concitoyens n’y ayant pas plus de droits que lui. Rien ne dit même qu’il en ait tiré amertume…

Parmi les amis :
Charles Bouchet                                Geoffroy Boutrais
 

Charles Chautard                                Ernest Nouel

 

   À l'issue de l'assemblée générale du Comité départemental pour le patrimoine et l'archéologie en Loir-et-Cher (CDPA 41), tenue à Mondoubleau, Jean-Jacques Loisel a évoqué le "Journal" de Gervais Launay. Il a montré que, comme ses concitoyens de Vendôme, Gervais Launay a considéré avec inquiétude les progrès prussiens dans le Perche vendômois en octobre-novembre 1870. Ce qui ne l'a pas empêché de critiquer la périlleuse expédition de la garde nationale de sa ville, sous la houlette d'un jeune sous-préfet exalté : là encore un témoignage de haut intérêt pour notre histoire locale, apporté par le professeur de dessin du lycée de Vendôme.
[Photo de Jean-Marc Delecluze]



Prix de vente public : 27,00 € TTC