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Villerable
Un village se penche sur son passé
Gérard MARMION

Bonne page 1


Jackie DESPRIÉE

   Des villages successifs d’agriculteurs à Villerable à partir de 4500 av. J.-C.

   Les séries ramassées (les Grands-Marais, les Marais, les Petits-Marais, Martigny, la Croix, les Petits-Prés…) furent également passées au crible des connaissances récentes. Elles contiennent un mélange de tessons de poteries et de silex taillés appartenant à plusieurs cultures du Néolithique moyen, confirmant une pérennisation des occupations agricoles.

             Carte géologique "Villerable - vallée de la Brisse" [J. Despriée]

   Certains appartiennent à la culture dite de Chambon dont l’extension sur le bassin de la Loire moyenne commence à être bien connue… La céramique toujours à fond rond, de petite taille, comprend des bouteilles, des marmites, des vases en bombe à bouche carrée ou ovalaire, des coupes, des écuelles. La surface extérieure souvent beige est ornée de décors plastiques collés sur la partie supérieure de la panse (gros boutons aplatis, pastilles), ou partant des anses (cordons…) ou obtenus par pincement, ou en repoussant la pâte de l’intérieur. Ce groupe, qui s’est développé en région Centre il y a 6 500 ans, a des affinités avec certains groupes culturels méridionaux. D’autres se rapporteraient à des vases supports chasséens…

   L’industrie lithique, grattoirs et burins, est uniquement sur éclats ; les petits pics et tranchets sont désormais fréquents, comme les lames de haches polies en silex et autres roches importées. D’après les fouilles effectuées sur d’autres sites (Fossé, Muides, Contres, Villeromain…), les paysans de ce groupe du début du Néolithique moyen maîtrisaient parfaitement l’élevage du mouton, de la chèvre, du porc et du bœuf, ainsi que l’agriculture du blé, de l’orge et du millet. [...]

   Des mégalithes néolithiques : polissoirs, menhirs et dolmens
   Les brèches, présentes dans l’environnement immédiat des premiers éleveurs agriculteurs, ont également été utilisées pour la construction des sépultures collectives des communautés agricoles néolithiques qui occupaient les terroirs de part et d’autre de la Brisse. Dans la vallée de la Brisse, des blocs aux volumes et poids importants ont en effet été déplacés par ces communautés soit pour ériger des menhirs (la pierre-Tournante, le menhir du Gué de la Touche) soit pour construire des sépultures collectives, les dolmens, aux noms évocateurs, comme celui de la Pierre-aux-Morts à Villerable.Repérés, inventoriés, parfois classés, mais aussi fouillés dès la fin du XIXe siècle, certains ont malheureusement ensuite été détruits. La plupart des autres sont très ruinés et il est difficile de restituer leur architecture originelle à l’exception de celui de Haute-Bretagne à Huisseau-en-Beauce, à chambre rectangulaire dont l’entrée à l’est est précédée d’un portique, de plan typiquement angevin et construit probablement vers 3500 av. J.-C. (Néolithique moyen). [...]
 

                                     Menhir de Chanteloup  

   La vallée de la Brisse a donc livré de nombreux témoins d’occupations par les premiers éleveurs-agriculteurs : ceux-ci sont déjà présents il y a 7 000 ans au Néolithique ancien, et occupent toujours le terroir au Néolithique final près de 5 000 ans plus tard comme en témoignent leurs sépultures collectives. Cette permanence de l’occupation néolithique a sans nul doute été pérennisée aux Âges des métaux comme l’indiquent des découvertes très sporadiques : un ciseau en cuivre à Poulines provenant des Pyrénées, des poteries typiques de l’Âge du Bronze final trouvés aux Petits-Marais et dans une fosse lors de la fouille sur les Terres-Blanches. Et même, visible sur les photos aériennes, un superbe enclos indiquant la présence d’une ferme indigène gauloise sur la commune voisine de Huisseau-en-Beauce. La continuité sera assurée à l’époque gallo-romaine pendant laquelle de nouvelles et épaisses colluvions attestent de l’accélération de l’érosion.



Prix de vente public : 25,00 € TTC