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Villerable
Un village se penche sur son passé
Gérard MARMION

Bonne page 2

   Les seigneurs de Poulines
   [...] Françoise de Ternay, l’aînée, épousa un grand personnage, Guillaume du Plessis, « maître d’Hostel du Roi » et ambassadeur en Suisse (mort en 1550).

   Charles du Plessis, leur fils aîné, fut un seigneur encore plus puissant : comte de Beaumont-sur-Oise, marquis de Guercheville, chevalier des Ordres du Roi, conseiller en ses conseils d’État et privé, capitaine de 50 hommes d’armes, premier écuyer de la petite écurie du roi, gouverneur de Metz et du pays messin, etc. Nous pouvons inclure dans les et cætera le domaine de Poulines, les seigneuries d’Ambloy et de Ternay, celle des Hayes (acquise en 1584). Il fut encore seigneur de Liancourt, Angicourt, Cambronne, Catenoy, Cauffry, Laigneville, Rosoy et Verderonne. Proche d’Henri IV, il était près du carrosse du roi lorsque surgit Ravaillac, le 14 mai 1610.
   En 1594, il avait épousé Antoinette de Pons, veuve en premières noces d’Henri de Silly, comte de La Roche-Guyon. Celle qui fut appelée la « marquise de Guercheville » était, selon les
Mémoires de l’abbé de Choisy, une des plus belles femmes de son temps. Cette beauté ne pouvait échapper à l’œil averti du « Vert Galant » : pendant la période de veuvage d’Antoinette, il tenta bien de la faire entrer dans son lit… En vain. Passé le temps de la déception, le roi ne put que conclure, admiratif : Puisque vous êtes réellement dame d’honneur, vous le serez de la reine, ma femme. C’est ainsi qu’elle fut dame d’honneur de Marie de Médicis.

   Antoinette de Pons s’intéressa au Canada et à l’évangélisation des populations indigènes : Pendant son séjour en France en 1611, Charles de Biencourt accepta le poste de vice-amiral des mers de la Nouvelle-France. Il reçut aussi des lettres d’encouragement du jeune roi Louis XIII, de la reine Marie et de la marquise de Guercheville qui désiraient que lui-même et son père poursuivent la conversion des Indiens de l’Acadie. À cet égard, ils insistèrent pour qu’il emmenât avec lui à son retour en Acadie les jésuites Pierre Biard et Énemond Massé. Ses projets ne furent pas couronnés de succès : Elle eut aussi d’importants intérêts en Amérique, tout particulièrement en Acadie. Elle s’était fait donner par le sieur Du Gua de Monts toute la côte américaine de l’Atlantique, sauf Port-Royal. Elle tint à fonder une nouvelle colonie face à l’île des Monts Déserts (dans le Maine actuel), qu’elle nomma Saint-Sauveur et qui éclipserait Port-Royal en importance. Mais les Anglais avec, à leur tête, Sir Samuel Argall (Argoll), dévastèrent l’établissement dès mai 1613.

   Il est plus que probable que ces personnages de la haute noblesse, proches des rois et des princes, n’eurent ni le loisir, ni probablement le désir de visiter leurs petites seigneuries du Vendômois. Il en alla de même avec leur fille, Gabrielle du Plessis, qui hérita de Poulines. En 1611, elle épousa François V, premier duc de La Rochefoucauld à partir de 1622. La même année, il devint lieutenant général et gouverneur du Poitou. Il est le père de François VI, l’auteur des Maximes.

             Charles du Plessis                             Antoinette de Pons   


Prix de vente public : 25,00 € TTC