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Villerable
Un village se penche sur son passé
Gérard MARMION

Bonne page 3

Jean-Jacques LOISEL


   L'abbé Morin, curé de Villerable.
   Dominique Morin vit le jour dans la paroisse de la Madeleine de Vendôme, le 29 janvier 1756. Ses études au collège des oratoriens de la ville furent un succès, puisqu’elles lui donnèrent envie de devenir… oratorien. Après son entrée dans la congrégation, en 1777, il fut successivement répétiteur au collège d’Arras, puis sous-directeur de l’établissement de Lyon. Sa voie semblait bien tracée pour gravir les échelons dans sa communauté quand, brusquement, il changea de cap et décida d’exercer le ministère : vicaire à Blois, puis à Vendôme, jusqu’en 1789 où il fut appelé à desservir la cure de Villerable. À nouveau, son destin allait être bouleversé, par l’histoire cette fois.


                                           L'abbé Morin
   
   Un moment fort pour la vie des prêtres de cette époque fut l’obligation, en janvier 1791, de prêter serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. L’évêque de Blois, Mgr de Thémines, y était farouchement opposé, mais les avis étaient partagés dans le clergé du diocèse. [...]

   Les prêtres constitutionnels, comme Morin, furent donc maintenus sans problème dans leur paroisse ; mais dès mai 1791, il fallut élire des remplaçants pour les paroisses tenues par des réfractaires. Ces derniers menèrent parfois la vie dure aux « intrus », comme on surnommait les nouveaux arrivants : un des exemples les plus spectaculaires est celui de Prunay, où Louis Fleury et Modeste Godet, respectivement curé et vicaire réfractaires disputèrent le terrain pied à pied aux prêtres « intrus ».


                            Bas-côté sud de l'église de Villerable

   À Villerable, la vie religieuse se poursuivit donc sans soubresaut particulier, au moins jusqu’à l’automne 1793. Jouissant de la confiance de l’évêque Grégoire, l’abbé Morin célébrait les offices, publiait les décrets au prône de la messe dominicale, tenait le registre d’état civil comme officier public. Mais la Vendée se souleva en mars 1793, contre les réquisitions d’hommes ; l’armée catholique et royale gagna du terrain, franchit la Loire et arriva sous les murs de Granville. Le siège de ce port ayant échoué, elle reflua sur la Loire, puis reprit sa marche vers le nord ayant pour objectif la prise du Mans. Menacée, la vallée du Loir fut parcourue par une véritable onde de panique : retraite précipitée des archives vers l’amont, mesures de mise en défense des villes, jusqu’au pont de Blois qui fut coupé ! À partir de septembre 1793, il suffisait qu’un paysan brandisse un bâton pour que le cauchemar d’une « nouvelle Vendée » surgisse, comme à Mondoubleau le 12 de ce mois. Dès lors, tout prêtre fut suspect d’être un soutien des forces royalistes, qu’il fût assermenté ou réfractaire. À la fin de 1793, les églises furent fermées.  [...]


                         Fonts baptismaux de l'église de Villerable

   Vint le temps du Concordat. Dominique Morin fut de ceux qui restèrent en poste dans la paroisse où ils avaient exercé. Le diocèse de Blois était supprimé et son territoire rattaché au diocèse d’Orléans. Le choix des affectations revenait donc à Mgr Bernier, évêque d’Orléans, qui avait été un des principaux négociateurs du Concordat ; selon J.-E. Weelen, Morin était dans ses petits papiers : Étienne Alexandre Bernier, au nom duquel il avait joué un certain rôle en Vendômois, pour rallier les prêtres jureurs, n’éprouva pas le besoin de le déplacer.


Prix de vente public : 25,00 € TTC