Le livre, la culture, l'histoire
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Villerable
Un village se penche sur son passé
Gérard MARMION

Bonne page 5

   Le battage, temps fort de l'année céréalière.
   Aux environs des années 1930, alors que le mois d’août vient juste de s’achever : à cette époque, il existait peu de hangars auprès des fermes pour entreposer les récoltes ; aussi une vaste surface herbeuse était réservée, que l’on appelait le pâtis pour y confectionner les bauges circulaires (meules) avec les bottes de céréales. Leur construction, particulièrement méticuleuse, n’était pas à la portée du premier venu : certains ouvriers agricoles étaient de véritables artistes ; d’ailleurs, nombre de connaisseurs s’arrêtaient pour contempler ces véritables chefs-d’œuvre ; mais ce n’était pas toujours le cas ! Avec ces innombrables meules, le paysage villerablais se trouvait complètement métamorphosé.


                                        La RN 10 coupe l'océan céréalier

   Puis nous arrivons à la saison des battages. Deux entreprises, Laurenceau et Verdier de Lancé, se partageaient alors une bonne partie de la clientèle des communes de la contrée, dont celle de Villerable. Les cultivateurs étaient alors chargés de l’acheminement du matériel dans leur propre ferme, en commençant par la lourde locomobile et sa remorque chargée de grosses briquettes de charbon destinées à l’alimentation de la gourmande chaudière. Rien que son transport nécessitait pas moins de deux ou trois chevaux suivant le terrain ou la distance à parcourir. S’ajoutait le transport de la batterie qui n’était pas légère non plus, il faut encore ajouter à ces deux engins l’indispensable Guignol, le lieur.



   Chaque entrepreneur avait une équipe de cinq à six personnes qu’il employait à l’année, parmi lesquels un chauffeur, pour la chaudière, qui était en même temps le contremaître pour la responsabilité du personnel et le contact avec les clients, et un engreneur expérimenté pour la batteuse. En pleine saison il fallait une bonne quinzaine d’hommes pour la bonne marche des travaux de battage, des saisonniers étaient alors embauchés pour compléter l’effectif. Ces gens de passage étaient souvent des marginaux, certes pas méchants pour deux sous, que l’on surnommait souvent les officiers de batterie.


Prix de vente public : 25,00 € TTC