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Villerable
Un village se penche sur son passé
Gérard MARMION

Bonne page 6

   La bande à Bonnot
   Dans le petit matin du 25 mars 1912, Célestin Mathillé, chauffeur de profession âgé de trente cinq ans, quitta son domicile, 73 rue Rochechouart, et se rendit dans un garage de l’avenue des Champs-Élysées, pour y prendre livraison d’une superbe automobile. [..]
   Mathillé se rendit avenue Émile Zola, pour y prendre son compagnon de route, Louis Cerisol, jeune homme de dix-huit ans tout frais émoulu de l’école d’électricité, appelé au service du colonel comme secrétaire et mécanicien. À sept heures, l’équipage mettait cap au sud, sans doute dans la perspective d’une belle traversée de la France. Après Villeneuve-Saint-Georges, ils prirent la direction de Montgeron. Là, ils s’arrêtèrent, la carte à la main, pour confirmer l’itinéraire vers Melun ; un sieur Chamard, débitant de vins, leur dit : « Tout droit devant vous » ! [...]
   Ils entrèrent dans la forêt de Sénart ; au loin se dressait la pyramide de Brunoy et le calme d’une matinée normale régnait : Il était huit heures vingt environ. Sur la route, de loin en loin, des paysans guidaient leurs attelages, et dans les champs qui bordaient le chemin, dépendance de la ferme du Point du Jour, deux cultivateurs, un homme et une femme, plantaient des pommes de terre [Le Petit Parisien, 26 mars 1912]. La route était en réparation et Mathillé vit un écriteau : « Attention ! Route rechargée ». Il stoppa ; d’ailleurs, devant lui, deux charrettes lourdement chargées étaient à l’arrêt, attendant de s’engager sur le tronçon mal pavé.
   Alors, tout alla très vite : un homme, grand, brun, vêtu de noir, se plaça au milieu de la route en agitant un mouchoir. Au même moment, d’autres jaillirent des fourrés bordant la route ; tandis que l’un d’eux tenait les charretiers en respect, ses deux compagnons se précipitèrent vers l’automobile, l’un d’eux criant : « c’est ton auto qu’il nous faut ! » Simultanément, ils déclenchèrent un feu nourri et Célestin Mathillé, mortellement touché, s’écroula sur un tas de pierres en bordure de route. Le jeune Cerisol, blessé grièvement aux mains dont il s’était protégé instinctivement, eut la présence d’esprit de faire le mort, retenant sa respiration et ne bougeant plus. [...]
   Le malheureux chauffeur a peut-être lu le signalement de son assassin puisque, quelques jours avant sa mort, il était en Loir-et-Cher, séjournant sans doute chez ses parents, au hameau d’Orgie.

                                               Tombe de Célestin Mathillé, à Villerable


Prix de vente public : 25,00 € TTC