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Villerable
Un village se penche sur son passé
Gérard MARMION

Bonne page 7


Jean-Jacques LOISEL

   Le camp d'aviation britannique de Poulines.
   Il s’agissait d’un camp de formation des jeunes pilotes britanniques pour le compte du Royal Naval Air Service (RNAS). Lorsque la guerre éclata, cette force était presque embryonnaire : 39 avions, 52 hydravions, 6 dirigeables et 2 avions captifs. Pendant la guerre, il exista cinq centres de formation du RNAS, dont quatre sur le territoire du Royaume Uni, et Poulines fut le seul camp créé sur le continent. La raison du choix de cet emplacement reste une énigme ; on peut penser que plusieurs éléments ont joué : proximité de Paris, d’un axe routier et ferroviaire important ; distance réelle du front, sans être excessive ; proximité relative des côtes atlantiques ; topographie propice enfin. [...] 

           Tableau représentant le camp de Poulines en 1917

   Vingt-deux morts, le nombre de ces jeunes pilotes morts à Poulines paraît effarant. Cependant, il ne représente qu’un faible pourcentage, rapporté à l’incroyable fréquence des accidents, selon l’officier de liaison britannique
 :
   Bien sûr, il y avait quotidiennement des accidents dus à des atterrissages ratés où l’appareil souffrait plus que le pilote.
   En règle générale, deux médecins étaient de service aux heures de vol pour observer les atterrissages. Si le pilote était éjecté, ce qui était le cas habituel, il fallait d’abord observer s’il ne bougeait plus et alors alerter un secours immédiat. Sinon, si le pilote se remettait sur pied en jurant ou en chantant, on pouvait supposer que son cas n’était pas une urgence.
   O
n trouva, un jour, un garçon qui tournait en rond autour de son avion en chantant des cantiques. D’autres encore s’asseyaient tranquillement pour fumer une cigarette.
   Tous les détails de leurs vols étaient dûment consignés, afin d’établir leur efficacité en tant que pilotes de guerre. De toute évidence, un accident réel renseignait plus valablement que les tests théoriques auxquels tout cadet devait se soumettre au préalable.



                                    Dortoir du camp de Poulines

   À Poulines comme dans les autres camps d’entraînement anglais, l’accident était le lot quotidien. [...]
   Comment se déroulait précisément un stage au camp de Poulines ? Une information très précieuse a été fournie par Mme Sally Pearson, qui a mis à disposition le carnet de vol de son père, Anthony Jacques Mantle. Né le 17 décembre 1899 à Londres, il rejoignit le RNAS en 1917, puis séjourna au camp de Poulines du 8 février au 15 mars 1918, soit pendant cinq semaines.

                                    A. J. Mantle et son carnet de vol

   L’instruction proprement dite commença le 10 février et le premier vol eut lieu le 23 février, sur un avion Caudron, selon toute probabilité un Caudron G III. A. J. Mantle était accompagné par P. G. Stokes-Rees, ce fils d’amiral qui trouva la mort le 18 juin 1918 et repose au cimetière de Vendôme. Quatorze minutes en l’air, avec deux atterrissages, car c’était bien la procédure la plus risquée et la plus meurtrière. La première expérience fut jugée satisfaisante puisque deux nouveaux vols furent programmés dans la même journée, un en duo avec le lieutenant Martin pour vérifier les acquis : un mât fut tout de même brisé à l’atterrissage ; le second en solo, pendant trente deux minutes. Les trois vols se firent sur Caudron, mais jamais sur le même appareil : sans doute y avait-il un peu de réparation à faire. Une première journée bien remplie !... [...]


                         Crash d'A. J. Mantle à Dissay-sous-Courcillon (Sarthe)


Prix de vente public : 25,00 € TTC